Rapport aux autres· Morale
Ne plus tenir de comptes
Axe: La responsabilité morale — Faut-il attribuer des torts ou des mérites ?
Il faut se déprendre de l'attribution même : nul n'est l'auteur ultime de ce qu'il est, et nos actes sortent de nous comme les fruits de l'arbre. À la place du reproche et de la fierté viennent d'autres réponses : comprendre, plaindre, se réjouir ou rire, comme on répond à la beauté d'un geste ou à la tristesse d'un naufrage, sans chercher de coupable. Ce n'est pas l'indifférence : c'est la fin du tribunal, non la fin des affects.
- Descriptif QuestionLa loterie du mérite
Deux chauffards identiques, un enfant traverse devant un seul : le hasard fait l'un meurtrier et l'autre chanceux. Et ce que nous louons, talents, caractère, n'a pas été choisi davantage : si la chance imprègne tout, que reste-t-il du mérite propre ?
la part de chance dans le mérite - DescriptifResponsable de son caractère ?
L'homme ivre ne se contrôle plus, mais il s'est rendu tel, verre après verre : pour Aristote, on impute la disposition qu'on a laissée croître. Mais pour être comptable de son caractère, ne faudrait-il pas l'avoir choisi, et ainsi à l'infini ?
la disposition acquise - DescriptifTout comprendre, est-ce tout excuser ?
Si chaque acte a ses causes, l'excuse valable pour l'un, la tumeur, la contrainte, devrait valoir pour tous, et plus personne ne serait blâmable. À moins que l'excuse ne distingue précisément entre des causes, et que comprendre ne soit pas excuser.
l'excuse universelle - PrescriptifMoralePeut-on renoncer au ressentiment ?
Un monde guéri du ressentiment serait-il plus doux ou moins humain ? Renoncer à en vouloir, est-ce une sagesse accessible, ou la fin des relations de personne à personne ?
le ressentiment