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Rapport au monde· Philosophie de la religion

Conflit

Axe: Foi et raisonQuel rapport la foi entretient-elle avec la raison : accord, conflit ou indifférence ?

Foi et raison sont en opposition : croire sans preuve suffisante, c'est renoncer à l'exigence rationnelle. L'examen critique des croyances religieuses conduit à les rejeter ou, au minimum, à les suspendre.

Qui défend cette position

Courants 1

Les Lumièresexplicite

Sur la religion, le courant fait front commun là même où il diverge sur Dieu : la raison, non la révélation ni l'Église, est juge en dernière instance. Beaucoup tiennent la religion révélée pour incompatible avec elle, mêlée de superstition et de fanatisme : c'est l'« Infâme » que veut « écraser ». D'autres lui substituent une religion naturelle, ou , accordée à la raison : un Dieu horloger sans miracles ni clergé. De ce primat découle l'exigence majeure de , et la séparation du civil et du religieux : montre que nul ne peut être contraint de croire, et que le salut ne regarde pas l'État.

Voltaire, Traité sur la tolérance · Locke, Lettre sur la tolérance

Philosophes 3

Camusexplicite

La raison qui a reconnu contracte une dette de lucidité : elle ne peut, sans se contredire, faire de son propre échec à trouver un sens la preuve d'un sens caché. C'est l'objection de Camus aux penseurs religieux de l'existence, et : ils décrivent admirablement l'absurde, puis le divinisent, érigeant le scandale de la raison en raison de croire. Ce saut hors de l'évidence est une démission, non une solution. Foi et raison sont donc ici en conflit ouvert : la première n'apaise l'angoisse qu'en escamotant ce que la seconde a vu, et seule une raison qui consent à ses propres limites, sans les combler par , reste honnête.

Le Mythe de Sisyphe (1942), « Le suicide philosophique »

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Schopenhauerinférable

La religion est la « métaphysique du peuple » : vraie sous le voile de l'allégorie, fausse prise à la lettre, elle dit en images ce que la philosophie pense en concepts. Foi et savoir ne peuvent loger de bonne foi dans une même tête, mais le besoin métaphysique qui les nourrit l'un et l'autre est indéracinable.

Parerga et Paralipomena, t. II, « Sur la religion, un dialogue »

Humeinférable

Hume oppose la croyance religieuse à l' : aucune religion fondée sur la raison ne tient, la foi excède toujours l'évidence disponible (d'où une pointe ironique de fidéisme quand il conclut que seul un miracle continu, la foi, fait croire au christianisme). De fait, la croyance religieuse relève d'un autre registre que la connaissance, et là où elle prétend démontrer (théologie naturelle), elle entre en conflit avec une raison rigoureuse.

Enquête sur l'entendement humain, sect. X, conclusion (sur la foi) · Dialogues sur la religion naturelle, partie XII

Fondements et implications
C'est une fondation racine, rien ne la fonde plus avant.Conflit — Foi et raison=ConflitFoi et raison
Descriptif
Évidentialisme — Éthique de la croyance!ÉvidentialismeÉthique de la croyance
Prescriptif
↓ Ce qu'elle implique

Ce qui la fonde

C'est une fondation racine, rien ne la fonde plus avant.

Ce qu'elle implique

Éthique de la croyance

Si croire sans preuve suffisante trahit l'exigence rationnelle, alors on a le devoir de proportionner ses croyances aux preuves. La thèse d'un conflit entre foi et raison fonde l'éthique évidentialiste de la croyance, dont Russell est un héraut : ne rien tenir pour vrai au-delà de ce que les raisons autorisent.