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ObjectionAttaque la positionUn avis sur tout, un savoir sur rien
Si la philosophie se juge à son action sur le monde, son heure est passée : ceux qui le transforment vraiment sont ailleurs, et le philosophe engagé est devenu un commentateur.
Objecte à
Platon ·
- Qui transforme le monde aujourd'hui, et par quel levier ? L'expertise technique conçoit les moyens, le pouvoir institutionnel décide, l'action collective organisée pèse dans le rapport de forces. Le philosophe peut être savant, en histoire, en logique, en droit même ; mais il n'est le maître d'aucun de ces trois leviers, là où les choses se décident.
- Quand il veut malgré tout peser sur la vie publique, il devient une figure médiatique : la guerre lundi, l'école mercredi, l'intelligence artificielle vendredi. C'est le procès que faisait à la rhétorique, produire la persuasion sans le savoir ; le commentateur moderne y retombe, régnant sur l' quand la notoriété tient lieu de compétence.
- Celui qui refuse ce rôle n'est pas mieux loti : sa critique sociale demeure dans des revues que lisent ses pairs. Entre le plateau et le séminaire, où est la transformation promise ? Les armes de la critique n'ont, à elles seules, presque jamais suffi à renverser un ordre.
Donc Donc juger la philosophie à ce qu'elle change reviendrait à la condamner : le monde se transformerait sans elle, et son « engagement » oscillerait entre le commentaire et l'inaudible.
Résolutions possibles de l'objection