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ObjectionAttaque la positionLe développement personnel fait mieux
Si la philosophie est un art de vivre, elle a des héritiers qui la dépassent sur son propre terrain : pour bien des difficultés concrètes, les psychothérapies évaluées et le développement personnel font mieux, plus vite, pour plus de monde.
Objecte à
Seligman (psychologie positive) · La Fabrique du bonheur · 2002
- L'ambition de mieux vivre a changé d'adresse, et elle s'est répartie selon des exigences très inégales : des psychothérapies éprouvées pour les troubles caractérisés, un coaching largement dérégulé pour la performance, un développement personnel de qualité variable pour le tout-venant de l'existence. Toutes ne se valent pas, mais chacune offre une porte que les écoles de sagesse n'ouvrent plus.
- La plus rigoureuse est la thérapie cognitivo-comportementale, et son cas est frappant : écrivait déjà ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais les jugements qu'ils portent sur les choses, et ses fondateurs, Albert Ellis puis Aaron Beck, s'en réclamaient explicitement. L'idée, une fois isolée et outillée, s'est laissée transformer en un protocole qu'on évalue, compare et enseigne : ce que la sagesse antique proposait à quelques-uns, cette lignée l'a rendu vérifiable.
- La philosophie a ses exercices et même ses manuels, mais ils engagent une réorientation entière de l'existence, adossée à des textes qui demandent du temps et une culture. Qui cherche un soulagement ciblé trouvera plus court : des méthodes graduées, ajustées à une difficulté précise, l'anxiété, le deuil, la confiance, l'attention, et dont on peut au moins mesurer l'effet.
Donc Donc, à qui veut d'abord aller mieux sur un point précis, la médecine de l'âme a trouvé des praticiens plus commodes, et parfois mieux éprouvés : garder le mot « sagesse » ressemble alors à de la nostalgie, et chercher l'efficace paraît conduire hors de la philosophie.
Résolutions possibles de l'objection