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ObjectionAttaque la positionDes professeurs de philosophie, pas des philosophes
Devenue un métier d'université, la philosophie qui promettait d'apprendre à penser ne parle plus guère qu'à ses spécialistes : des articles qui répondent à des articles, dans une langue que le dehors ne lit pas.
Objecte à
Thoreau · Walden · 1854
- L'examen critique s'est fait métier : carrières, revues spécialisées, colloques, querelles d'école. La rigueur y gagne, mais sous une forme si technique, et sur des problèmes si découpés, que le lecteur du dehors n'y reconnaît plus guère ses propres questions.
- Il y a de nos jours des professeurs de philosophie, mais pas de philosophes, écrivait , qui accordait qu'enseigner est admirable, à condition de vivre ce qu'on enseigne : philosopher, c'est résoudre quelques-uns des problèmes de la vie, non en théorie seulement, mais en pratique. L'objection s'étend d'elle-même à l'université d'aujourd'hui : une clarification qui promettait de dénouer les confusions de chacun consacre une grande part de ses forces à des nœuds qu'elle a elle-même noués.
- Pendant que les spécialistes se spécialisent encore, la demande de sens ne disparaît pas : elle se reporte sur d'autres, vulgarisateurs, coachs, idéologues, qui parlent, eux, la langue de tous. Une clarté qui circule si peu laisse le champ libre aux confusions publiques.
Donc Donc, dans la mesure où elle ne parle qu'à ses spécialistes, la philosophie manquerait sa tâche : une clarté qui ne circule pas ne clarifie rien pour personne, et l'examen des idées, devenu carrière, risquerait de cesser d'être l'examen de la vie.
Résolutions possibles de l'objection