Œuvre de fiction · film
Matrix
Ne peut-on être libre qu'en regardant en face la dure réalité ?
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Version analysée : Le premier film (1999) seul ; les suites, qui déplacent la question du choix, ne sont pas prises en compte.
Un programmeur découvre que le monde où il vit est une simulation, et on lui propose de s'en réveiller. Sous le film d'action, Matrix pose deux questions qu'on croit réglées : voudrait-on vraiment savoir, si la vérité rendait la vie plus dure ? Et nos choix sont-ils à nous, si tout semble écrit d'avance ?
Le problème
La croyance commune mise à l'épreuve
On tient d'ordinaire pour acquis que le monde que l'on perçoit est réel et que, si l'on nous mentait sur l'essentiel, nous voudrions le savoir : la vérité vaudrait toujours mieux qu'une illusion, et nos choix seraient bien les nôtres.
Le problème
Matrix noue deux problèmes. Le premier porte sur la valeur de la vérité : vaut-elle par elle-même, ou seulement par ce qu'elle apporte ? Si une illusion rend heureux et qu'on ne peut pas la percer, on ne voit pas ce qu'on gagnerait à la quitter, et pourtant l'idée d'une vie heureuse mais fausse a quelque chose d'insupportable. Le second porte sur le choix : si l'avenir est prédit, programmé ou prophétisé, que reste-t-il de notre décision ? Le nœud tient au lien entre les deux. Choisir suppose de savoir ce que l'on fait, si bien qu'une vie dans l'illusion, même heureuse, ne serait plus tout à fait la nôtre ; mais si la vérité ne fait que révéler un destin déjà écrit, à quoi bon savoir ?
Matrix part d'une hypothèse que la philosophie connaît depuis : et si tout ce que je perçois était fabriqué pour me tromper ? Le film en tire deux questions, qui guident tout ce qui suit. La première porte sur la vérité : voudrait-on savoir, si savoir rendait la vie plus dure ? La seconde porte sur la liberté : nos choix sont-ils les nôtres, si tout semble écrit d'avance ?
Première question : vaut-il mieux une vérité dure qu'une illusion heureuse ? Thomas Anderson, programmeur le jour et pirate informatique la nuit sous le nom de Neo, sent que quelque chose cloche dans le monde. Morpheus, un homme que les autorités traquent, lui révèle que ce monde est une simulation, la Matrice, produite par des machines pour tenir les humains endormis. C'est le de Descartes rendu concret : une puissance capable de fabriquer toutes nos sensations. Mais le film déplace la question. Descartes se demandait si l'on peut savoir ; Matrix demande si l'on veut savoir.
Morpheus tend deux pilules. La bleue : Neo se réveillera dans son lit et croira ce qu'il voudra. La rouge : il verra « jusqu'où va le terrier ». L'image vient d'Alice au pays des merveilles, que le film suit depuis le début : un message sur l'écran de Neo l'invitait déjà à « suivre le lapin blanc ». Morpheus ne promet rien d'autre que la vérité, et Neo la choisit sans savoir ce qu'elle lui coûtera. Le réel est un désert : des humains cultivés dans des cuves pour alimenter les machines, une nourriture sans goût, une guerre que les derniers humains libres peinent à tenir. Morpheus le dit avec les mots de , « le désert du réel », et Neo cachait ses disques pirates dans un exemplaire évidé de son livre, Simulacres et simulation. Or ce livre décrit un monde où les ont pris la place du réel, au point qu'il n'y a plus d'original stable auquel les comparer ; le film, lui, garde un réel derrière la simulation, et le montre hostile. C'est ce qui donne au choix son poids : Neo ne peut pas se dire que la vérité le rendra heureux.
Cypher, l'un des compagnons de Morpheus, incarne l'autre réponse. Libéré lui aussi, il se demande à voix haute pourquoi il n'a pas pris la pilule bleue. Il ne se trompe pas sur l'illusion : il la sait fausse et la regrette quand même. Il ressemble à celui que imagine devant sa , qui ferait vivre par simulation toutes les expériences désirées : si le plaisir est réel pour celui qui l'éprouve, qu'importe d'où il vient ? Pour Nozick, nous refuserions, parce que nous voulons faire les choses, et pas seulement avoir l'impression de les faire. Cypher, lui, accepterait. Et il n'est pas le seul à préférer l'illusion : Morpheus avertit Neo que la plupart de ceux qui vivent dans la Matrice ne sont pas prêts à être débranchés, et que beaucoup défendraient le système qui les tient.
Seconde question : nos choix sont-ils les nôtres, si tout est écrit d'avance ? Morpheus croit à une prophétie : un Élu, the One en version originale, viendra libérer les humains, et il pense l'avoir trouvé en Neo. Son nom semble même l'annoncer : Neo est l'anagramme de One, comme si son rôle était inscrit avant lui. Pourtant, quand Morpheus lui demande s'il croit au destin, Neo répond non : il n'aime pas l'idée de ne pas être maître de sa vie. Morpheus le conduit chez l'Oracle, une femme qui prédit l'avenir. Au-dessus de la porte de sa cuisine, une inscription latine, Temet nosce, « connais-toi toi-même », la devise de Delphes que avait faite sienne. L'Oracle ajoute qu'être l'Élu, c'est comme être amoureux : personne ne peut vous le dire, on le sait. Elle ne dira donc pas à Neo qui il est, elle lui renvoie la question.
Un détail de la visite met la prophétie à l'épreuve. L'Oracle dit à Neo de ne pas s'inquiéter pour un vase ; il se retourne, le heurte et le brise. Elle demande alors s'il l'aurait cassé si elle n'avait rien dit. La prédiction fait partie de ce qu'elle prédit, au point qu'on ne sait plus si elle annonce l'avenir ou si elle le produit. Pour l'agent Smith, un des programmes qui surveillent la Matrice et qui a interrogé Neo au début du film, rien de tel : les humains sont une maladie au comportement prévisible, et tout est joué d'avance. Entre le que revendique Neo et le destin qu'annonce Morpheus, le film cherche la place d'un choix qui soit vraiment le nôtre.
L'évolution des personnages et la position inférée de la fiction sont masquées (spoilers).
- Personnage, placé d'après ses actes
- Personnage principal
- Antagoniste principal
- Ce qu'il dit / ce qu'il fait
Cliquez sur un personnage pour voir les scènes qui fondent sa position.
La carte croise les deux questions : vouloir la vérité ou s'en tenir à l'illusion, décider de sa vie ou croire que tout est écrit. Morpheus y figure deux fois, pour ce qu'il dit et pour ce qu'il fait. L'Oracle reste au centre : elle ne dit pas tout et ne tranche ni pour le destin seul, ni pour le choix seul. Ici, « tout est écrit » désigne le destin en général : une prophétie annonce une issue sans dire par quelles causes, et l'axe n'a pas de pôle propre pour ce fatalisme.
Les deux questions se rejoignent, à condition de distinguer deux sens de la liberté. Le premier est métaphysique : nos choix sont-ils déterminés, ou écrits d'avance ? Le second est pratique : être libre, c'est savoir ce que l'on fait. En ce second sens, celui qui vit dans une illusion peut faire ce qu'il veut, mais il ne sait pas ce qu'il fait. C'est pourquoi Morpheus parle de la Matrice comme d'une prison pour l'esprit : la servitude dont il veut libérer Neo n'est pas une contrainte qu'on sent, c'est une ignorance. Le film glisse de l'un à l'autre : il montre que savoir donne du pouvoir (second sens) et le tient pour de la liberté, sans dire si cette liberté tiendrait face à une prophétie (premier sens). Sa réponse est donc plus fragile qu'elle n'en a l'air.
Hors du film, la question est plus discrète. Chacun a sa pilule bleue : ne pas ouvrir ses résultats d'analyses, ne pas chercher ce que pense vraiment un proche, garder une croyance qui nous tient debout. Et chacun dit parfois d'une rupture ou d'un échec que « c'était écrit ». Neo regarde sans savoir ce qu'il verra et refuse qu'on écrive sa vie à sa place ; Cypher, qui a regardé, aurait préféré ne pas voir. Entre eux, le film pose une seule question : faut-il connaître le réel pour être libre, même quand il rend la vie plus dure ?
Et vous ?
0/4 réponsesRépondez à ces questions : votre point apparaît sur la carte, parmi les personnages. Vos réponses restent sur votre appareil et enrichissent votre profil.
Un inconnu vous tend deux pilules. Avec la première, vous oubliez cette rencontre et votre vie continue comme avant. Avec la seconde, vous découvrez ce qu'il y a vraiment derrière votre monde ; il ne vous promet rien d'autre que la vérité, et vous ne pourrez pas revenir en arrière.
Laquelle prenez-vous ?
Une voyante vous dit de ne pas vous inquiéter pour le vase. Vous vous retournez, vous le heurtez, il se brise. Elle demande : l'auriez-vous cassé si elle n'avait rien dit ?
Qu'en pensez-vous ?
Vous avez choisi la vérité il y a des années. Elle vous a donné une vie dure, et vous ne savez plus si votre lucidité sert encore à quelque chose. On vous propose de tout oublier et de reprendre une vie heureuse dans l'illusion, sans jamais vous souvenir de ce choix.
Acceptez-vous ?
Un programme connaît si bien votre histoire et votre caractère qu'il a prédit sans erreur chacune de vos décisions jusqu'ici, y compris vos réactions quand on vous montrait ses prédictions. On vous montre ce qu'il prévoit que vous ferez demain.
Pouvez-vous faire mentir la prédiction ?
Répondez sur les deux axes pour apparaître sur la carte.
Les personnages
- Personnage principal
Programmeur et pirate informatique, réveillé de la simulation
Incarné par Keanu Reeves
Ce qu'il incarne
On ne vit vraiment qu'en sachant où l'on est, et personne ne peut écrire ma vie à ma place.
Action marquante
Il avale la pilule rouge sans savoir ce qu'elle lui coûtera, sur la seule promesse de la vérité.
Positions principales
- Valeur de la véritéPrimauté de la vérité
- Liberté de la volontéLibre arbitre
Morpheus
Capitaine du Nebuchadnezzar, chef des humains libérés
Incarné par Laurence Fishburne
Ce qu'il incarne
La vérité est due à tout esprit captif, et le destin se réalise par ceux qui y croient.
Action marquante
Il présente les deux pilules en ne promettant rien d'autre que la vérité.
Positions principales
- Valeur de la véritéPrimauté de la vérité
- Liberté de la volontéDéterminisme dur ≠
Trinity
Seconde de Morpheus, celle qui guide Neo vers lui
Incarné par Carrie-Anne Moss
Ce qu'il incarne
C'est la question qui nous pousse : une fois qu'on la porte, on ne peut plus vivre comme avant.
Action marquante
Dans la voiture, elle retire de Neo le mouchard posé par les agents.
Positions principales
- Valeur de la véritéPrimauté de la vérité
- Liberté de la volontéDéterminisme dur
Membre de l'équipage de Morpheus
Incarné par Joe Pantoliano
Ce qu'il incarne
Une illusion qui donne du plaisir vaut mieux qu'une vérité qui n'offre que le froid et la guerre.
Action marquante
Une nuit, il confie à Neo qu'il regrette de ne pas avoir pris la pilule bleue.
Positions principales
- Valeur de la véritéIllusions vitales
- Liberté de la volontéLibre arbitre
- Souverain bienHédonisme
- Intérêt propre et autruiÉgoïsme éthique
- Antagoniste principal
L'agent Smith
Agent, programme chargé de garder la simulation
Incarné par Hugo Weaving
Ce qu'il incarne
Les humains sont une maladie, et leur sort suit une nécessité que rien n'arrête.
Action marquante
Il interroge Neo en lui rappelant qu'il mène deux vies et que l'une d'elles n'a pas d'avenir.
Positions principales
- Valeur de la véritéIllusions vitales
- Liberté de la volontéDéterminisme dur
L'Oracle
Une voyante qui reçoit les libérés dans sa cuisine
Incarné par Gloria Foster
Ce qu'il incarne
Prédire, c'est déjà agir sur ce que l'on prédit : la vérité se dose selon ce qu'elle permet de faire.
Action marquante
Elle avertit Neo de ne pas s'inquiéter pour le vase, qu'il heurte aussitôt en se retournant.
Positions principales
- Valeur de la véritéLa vérité qui donne prise
- Liberté de la volontéCompatibilisme
Comment l'œuvre répond, à sa façon
Le film répond d'abord par sa construction : nous découvrons la Matrice en même temps que Neo, et nous ne pouvons pas prendre la pilule bleue, puisque le film continue. Mais il ne truque pas l'alternative. Il filme le réel dans des tons bleutés et sans éclat, tandis que la simulation baigne dans la teinte verte des écrans, et il laisse à Cypher le temps de plaider.
La réponse du film n'est pas que la vérité rend heureux. C'est que seule la vérité donne prise : dans la simulation, Neo subit des règles qu'il ne comprend pas ; quand Morpheus lui apprend que certaines se plient et d'autres se brisent, il se met à les plier. Les ralentis, où le temps semble s'arrêter autour de ceux qui ont compris ces règles, mettent cette maîtrise en image. C'est parce qu'on sait où l'on est qu'on peut agir. Quant à la prophétie, le film garde sa réponse pour la fin ; jusque-là, l'Oracle prédit, mais c'est Neo qui doit agir.
Ce qu'elle laisse ouvert
Le film rend l'illusion facile à refuser : elle est fabriquée par des ennemis qui exploitent les humains, et le seul qui la défend est discrédité par ce qu'il fait plutôt que réfuté. Le cas difficile reste ouvert : une illusion choisie librement, qui ne nuit à personne, comme la machine de Nozick dans sa forme pure. Le film effleure aussi ceux qui ne veulent pas être libérés : a-t-on le droit de réveiller quelqu'un malgré lui ?
Ce que la fiction semble défendre
À distinguer de ce que pensent les personnages : ce vers quoi le récit semble pencher, d'après ce qu'il confirme ou réfute, ce qu'il met en scène et ce qu'il valorise. C'est une lecture inférée, discutable, pas l'opinion de ses auteurs. Sur chaque axe, le losange ◆ marque là où le récit paraît pencher.
- Lecture inférée sur « Valeur de la vérité » (révèle des ressorts de l'intrigue)
- Lecture inférée sur « Liberté de la volonté » (révèle des ressorts de l'intrigue)
- Lecture inférée sur « Souverain bien » (révèle des ressorts de l'intrigue)
Les concepts qu'elle éclaire
- La Matrice donne un corps à l'hypothèse cartésienne du malin génie : un pouvoir capable de produire toutes nos perceptions. Le film en tire une conséquence que Descartes n'envisageait pas, sortir du doute non par la raison, mais par un réveil physique.
- Neo revendique le pouvoir de décider de sa vie contre toute prophétie : le film met cette revendication à l'épreuve d'un avenir que d'autres disent connaître.
- L'Oracle tient ensemble la prédiction et le choix : savoir ce que quelqu'un fera n'empêche pas que ce soit lui qui le fasse. Le film peut se lire comme une version narrative de cette idée, où le destin ne se réalise qu'à travers une décision.
- Cypher pousse l'hédonisme à sa limite : si seul compte le plaisir éprouvé, un plaisir dont l'objet est simulé en vaut un réel. Le film fait sentir ce que cette position a de cohérent et ce qu'elle laisse de côté.
Dans le corpus
La question que l'œuvre pose, et ce qu'elle rejoint dans le référentiel : les problèmes, les expériences de pensée, les arguments et les penseurs qui l'éclairent.
La question
Ne peut-on être libre qu'en regardant en face la dure réalité ?
Les problèmes du référentiel en jeu
- Valeur de la véritéL'imbécile heureuxVaut-il mieux une vie lucide, même troublée par ce qu'elle découvre, qu'une vie heureuse dans l'ignorance ? La vérité est-elle une composante du bien-vivre, ou un instrument qui ne vaut que ce qu'il apporte ?
- Valeur de la véritéL'illusion pour autruiTaire un diagnostic, embellir une situation : décider qu'un autre vivra mieux sans une vérité, c'est juger à sa place de ce qu'elle vaut pour lui ; qui a ce droit ?
- Souverain bienLe bonheur sans la réalitéUne vie de plaisir parfait mais entièrement simulée serait-elle le souverain bien, ou la vie la plus haute exige-t-elle le contact avec le réel, et non le seul sentiment du bonheur ?
- Rapport à la certitudeLe monde, ou nos représentations ?À supposer même que nos perceptions soient cohérentes, atteignent-elles les choses telles qu'elles sont, ou seulement nos représentations, sans moyen de comparer les deux ?
- Liberté de la volontéTout décidé, et pourtant libre ?Certaines religions affirment à la fois que tout est entre les mains de Dieu, prédestination ou destin, et que nous restons libres et responsables : ces deux croyances peuvent-elles tenir ensemble, ou l'une ruine-t-elle l'autre ?
- Liberté de la volontéDéterminisme ou fatalisme ?Si tout a une cause, mes efforts sont-ils vains, puisque l'issue serait de toute façon écrite, ou comptent-ils au contraire, étant eux-mêmes des causes parmi les autres ?
Expériences de pensée
- Descartes, 1641Le rêve et le malin génieFace à ce doute, que vous reste-t-il ? Quelque chose résiste-t-il à l'épreuve, ou faut-il admettre qu'aucune certitude définitive n'est à notre portée ?
- Robert Nozick, 1974La machine à expériencesAccepteriez-vous de vous brancher ? Si vous hésitez, qu'est-ce que cela révèle : qu'une vie bonne demande autre chose que des expériences agréables, aussi parfaites soient-elles ?
Penseurs proches
- PhilosophePlatonLe film reprend le schéma de l'allégorie de la caverne : des prisonniers prennent des ombres pour le réel, et les yeux du libéré souffrent d'abord de la lumière.
- PhilosopheDescartesLe malin génie des Méditations préfigure la Matrice : un trompeur capable de produire toutes nos perceptions.
- PhilosopheNozickSa machine à expériences pose la question de Cypher : accepterait-on une vie de plaisirs simulés ? Pour Nozick, nous voulons faire des choses et être quelqu'un, pas seulement l'éprouver.
- PhilosopheNietzscheIl conteste la réponse du film : la volonté de vérité à tout prix est elle-même à interroger, et certaines illusions sont des conditions de la vie.
- PhilosopheSpinozaPour lui, la liberté ne consiste pas à échapper aux causes mais à les comprendre : c'est la lecture déterministe que le film combat, et une autre manière de lier liberté et connaissance.
- CourantStoïcismeLes stoïciens pensaient, comme l'Oracle, que le destin s'accomplit à travers nos choix : il conduit celui qui consent et traîne celui qui résiste.
Prolongements
Lectures
- Platon, , Livre VII, l'allégorie de la caverne : Le récit fondateur de la libération hors des apparences, avec ce que le film reprend (la douleur des yeux qui découvrent la lumière) et ce qu'il ne fait qu'effleurer (le retour difficile auprès des prisonniers, qui résistent à ceux qui veulent les libérer).
- Descartes, , Première méditation : L'hypothèse du malin génie, et la question de ce qui résiste au doute quand tout ce que l'on perçoit pourrait être fabriqué.
- Nozick, , Chapitre 3, la machine à expériences : Trois raisons de refuser de se brancher, à confronter au plaidoyer de Cypher.
- Nietzsche, : Le contrepoint : nos vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles en sont, et la volonté de vérité ne va pas de soi.
- Jean Baudrillard, Simulacres et simulation : Le livre apparaît dans le film, évidé pour cacher des disquettes : la thèse d'un monde où les copies ont remplacé le réel.
D'autres fictions
- The Truman Show (film, 1998) prolonge : Un homme découvre que sa vie entière est une mise en scène, et doit choisir entre ce décor rassurant et un monde inconnu.
- Le Canard sauvage (pièce de théâtre, 1884) conteste : Un idéaliste impose la vérité à une famille qui vivait d'un mensonge, avec des conséquences tragiques : la pièce met en scène le « mensonge vital » que Matrix refuse.
- Minority Report (film, 2002) prolonge : Des voyants prédisent les crimes avant qu'ils soient commis : connaître l'avenir de quelqu'un lui ôte-t-il le pouvoir de choisir ?