Rapport aux autres· Pouvoir et justice
Pacifisme
Axe: La violence — La violence peut-elle être légitime ?
Aucune cause ne justifie de verser le sang : la violence avilit celui qui l'exerce, appelle la violence en retour et corrompt les fins mêmes qu'elle prétend servir. La non-violence n'est pas une passivité mais une force : résister au mal sans le reproduire, jusqu'à désarmer l'adversaire au lieu de l'abattre.
Philosophes 1
Russellexplicite
Russell ne condamne pas la guerre comme intrinsèquement mauvaise, ce qui serait déjà admettre une règle absolue ; il la condamne parce que le bilan en est presque toujours désastreux, y compris pour le vainqueur. Il trie donc les guerres par leur type (colonisation, prestige, principe, défense) et montre que seules quelques-unes, très rares, passent l'épreuve du calcul. Cette structure explique ses revirements apparents : il a fait de la prison en 1918 pour s'être opposé à une guerre qu'il jugeait sans enjeu, et soutenu celle de 1939 parce que la victoire d'Hitler lui paraissait le seul mal pire ; le même calcul l'a conduit vers 1948 à des déclarations où il envisageait de menacer l'URSS d'une guerre pour lui imposer le contrôle international de l'arme atomique, propos dont la portée exacte reste discutée, qu'il a d'abord niés avant de les reconnaître et de les regretter.
« L'éthique de la guerre » (1915) · Justice in War-Time (1916) · Autobiographie (1967-1969), t. II-III