Rapport au vrai· Croire et savoirmilieu nommé
Criticisme
Axe: Source de la connaissance — D'où vient notre connaissance : de l'expérience sensible ou de la raison ?
La connaissance ne vient ni de la seule expérience, ni de la seule raison, mais de leur collaboration. Les sens fournissent la matière, l'esprit les formes qui l'ordonnent. Sans concepts, les perceptions resteraient aveugles ; sans perceptions, les concepts resteraient vides.
Courants 1
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Phénoménologieinférable
La phénoménologie refuse l'alternative empirisme/rationalisme : contre le sensualisme qui réduit l'esprit à des impressions, et contre le rationalisme déductif, elle revient à l'intuition de ce qui se donne. L' dégage les structures essentielles de l'expérience, saisies dans une intuition des essences (Wesensschau) à la fois a priori et fondée sur le vécu. D'où une position de troisième voie, proche du criticisme.
Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie, I · Husserl, Recherches logiques
Philosophes 2
Kantexplicite
Le litige entre et est insoluble tant qu'on demande à un seul terme de tout porter : l'expérience seule ne fournit jamais de nécessité (objection de sur la causalité), la raison seule tourne à vide. Kant en tire la solution du jugement synthétique a priori : il existe des formes a priori de la sensibilité et de l'entendement qui structurent toute expérience possible, de sorte que la connaissance commence avec l'expérience sans en dériver tout entière. C'est le renversement copernicien appliqué à la connaissance, et la raison pour laquelle l'axe se fixe au centre.
Critique de la raison pure, Introduction · Critique de la raison pure, A51/B75
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Husserlinférable
La position de Husserl n'épouse ni l', qui rabat tout savoir sur la sensation, ni le qui déduit le réel de la seule raison : c'est là sa singularité. Son « principe des principes » est que toute intuition donatrice originaire est source de droit de la connaissance, mais l'intuition n'est pas que sensible. À côté de la perception du fait, il y a une , donation immédiate du général, qui a sa propre évidence. La connaissance se règle ainsi non sur une faculté privilégiée, mais sur le donné lui-même, tel qu'il se présente : un troisième terme, intuitionniste, qui passe entre les deux pôles classiques plutôt que de les arbitrer.
Idées directrices (Ideen I), §24 (« principe des principes ») · Recherches logiques, VI
Argument
- L'empirisme a raison sur un point : sans données reçues des sens, l'esprit n'a sur quoi s'exercer. Des concepts qu'aucune intuition ne vient remplir restent vides, de simples mots qui ne connaissent rien.
- Le rationalisme a raison sur l'autre : ces données brutes, sans mise en forme, ne seraient qu'un flux sans ordre. C'est l'esprit qui apporte l'espace, le temps, la causalité, cadres sous lesquels seuls quelque chose peut nous apparaître. Des intuitions qu'aucun concept n'ordonne restent aveugles.
- La connaissance n'est donc ni reçue toute faite du dehors, ni tirée de la seule raison : elle naît de la rencontre des deux, la matière venant des sens, la forme de l'esprit qui la met en ordre.
Donc Donc ni l'expérience seule ni la raison seule ne fondent le savoir : connaître, c'est mettre en forme, par les cadres de l'esprit, ce que l'expérience nous donne.
Voir la pageObjectionAttaque la position
- Le criticisme accorde que l'espace, le temps et la causalité ne sont pas dans les choses mais sont des formes que l'esprit impose à toute expérience possible.
- Mais alors tout ce que nous connaissons est déjà passé par ce filtre : nous atteignons le phénomène, la chose telle qu'elle nous apparaît, jamais la chose en soi, telle qu'elle serait indépendamment de nos formes.
- Le savoir gagne en rigueur ce qu'il perd en portée : il vaut pour le monde de notre expérience, mais nous enferme dans nos propres cadres, sans jamais nous rendre le réel tel qu'il est.
Donc Donc la synthèse a un prix : ou l'on accepte de ne connaître que des apparences, ou l'on cherche à rejoindre le réel autrement, du côté de ce que donnent les sens ou de ce que saisit la raison.
Voir la page- DescriptifLes émotions, une source de savoir ?
Au-delà des sens et de la raison, nos émotions nous font-elles connaître quelque chose du monde et de nous-mêmes, ou ne font-elles qu'obscurcir le jugement ?
une émotion - DescriptifLes sens nous trompent-ils ?
Si les sens peuvent nous tromper jusqu'à la racine, comme dans le rêve, peut-on encore faire reposer sur eux un savoir solide ?
la perception sensible