Le bonheur
Ce thème traverse plusieurs grandes questions. Voici celles où il se joue.
Les questions qui l'éclairent
Que faire face à l'énigme du sens de la vie ?
L'énigme est commune : le sens de la vie ne se montre pas, et chacun connaît des heures de désorientation où plus rien ne semble l'indiquer. S'il y a un sens, il est à chercher et à déchiffrer ; s'il n'y en a pas, reste à le créer, à se révolter ou à y renoncer. Se positionner, c'est dire quelle attitude tenir face à cette obscurité, et ce qui peut donner un prix à nos jours.
Face au monde, faut-il se concentrer sur ce qui dépend de nous ou chercher à étendre notre maîtrise ?
Le seul lieu de notre pouvoir est-il au-dedans, dans nos jugements et nos désirs, le cours du monde nous échappant entièrement, ou pouvons-nous saisir cet ordre et le refaire à notre main ? Se positionner, c'est dire jusqu'où va notre prise réelle sur les choses, et si la liberté se gagne en nous ou sur le monde.
Que faire de nos désirs : les affirmer, les trier ou s'en détacher ?
Le désir est à la fois ce qui nous met en mouvement et ce qui nous tourmente : l'éteindre éteint la vie, le suivre sans frein interdit la paix. Se positionner, c'est dire où finit l'élan qui nous fait vivre et où commence la servitude qui nous épuise.
Qu'est-ce qui rend une vie véritablement bonne : le plaisir, l'épanouissement ou la vertu ?
« Souverain bien » est le nom classique du bonheur au sens plein : non l'humeur d'un instant, mais ce qui fait qu'une vie entière est réussie, ce que les Grecs nommaient eudaimonia. Reste à savoir en quoi il consiste, et la question n'a rien d'anodin : ce qui remplit une vie de plaisir peut la vider de sens, ce qui la rend vertueuse peut la priver de bonheur. Selon la réponse qu'on lui donne, souvent sans se la formuler, on ne poursuit pas la même vie, et une époque ne se fait pas le même idéal de réussite.
Faut-il se méfier des plaisirs du corps ou les célébrer ?
Céder au plaisir du corps, est-ce s'accomplir, ou se laisser dominer par ce qu'on ne maîtrise pas ? Se positionner, c'est dire si le corps est un allié de la vie bonne ou une force à tenir en bride.