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ObjectionUne vie d'emprunt
Se vouer à l'héritage et à la transmission, c'est risquer de vivre la vie des autres plutôt que la sienne.
Objecte à
- S'orienter vers le passé et la transmission, c'est faire de sa vie le maillon d'une chaîne : recevoir un héritage, honorer ce qu'on doit, transmettre à son tour.
- Mais ce maillon, à force d'être au service de la chaîne, finit par ne plus s'appartenir. On vit sous le regard des morts et dans le souci de ceux qui ne sont pas nés, entre une fidélité au passé et un devoir envers l'avenir, sans jamais habiter le présent qui, lui, est bien à soi.
- Sous le beau nom de profondeur peut se cacher un poids : des dettes qu'on n'a pas choisies, des rôles qu'on perpétue sans les vouloir. Se définir par ce qu'on a reçu, c'est parfois s'épargner la tâche de devenir soi : faute d', on vit par fidélité une vie qui n'est pas la sienne.
Donc Donc l'orientation vers la mémoire peut nous déposséder du seul temps qui nous revienne : à trop honorer ce qui précède et ce qui suit, on oublie de vivre l'entre-deux, qui est notre vie.
Approfondissements
Le poids des morts sur les vivants
- « La tradition, c'est la démocratie des morts », selon le mot de Chesterton : donner voix à ceux qui nous ont précédés. Mais on peut retourner la formule : pourquoi les morts voteraient-ils sur nos vies ?
- Chaque génération hérite d'un monde qu'elle n'a pas fait ; la question n'est pas de le renier, mais de savoir si le recevoir oblige à le perpétuer, ou laisse libre de le reprendre autrement.
Résolutions possibles de l'objection
Conteste