Voir l'axe · Orientation temporelle

Objection

L'instant qui glisse

À ne vivre que l'instant, on effleure la vie sans jamais l'habiter.

Objecte à

  1. Vivre dans le présent, dit-on, c'est se délivrer du regret et de l'attente. Mais l'instant, par nature, ne dure pas : à peine goûté, il faut déjà passer au suivant.
  2. Cette course de plaisir en plaisir, de moment fort en moment fort, ressemble à s'y méprendre à ce que nommait le : non pas le repos, mais une agitation qui empêche de se retrouver seul avec soi-même.
  3. Faute d'un fil qui relie ses journées, le présentiste risque une vie sans épaisseur : une succession d'instants vifs et vite oubliés, qui ne se rassemblent en rien, ni œuvre, ni lien durable, ni mémoire.

Donc Donc habiter le seul présent n'est peut-être pas la paix, mais une autre fuite, plus douce : celle qui esquive la profondeur au lieu d'esquiver l'ennui.

Approfondissements
Le touriste de ses propres journées
  1. On reconnaît cette vie à un signe : tout y est consommé, rien n'y est gardé. Les expériences s'accumulent comme des images sur un écran, sans laisser de trace.
  2. Le reproche n'est pas de jouir du présent, mais de n'en faire que cela : à ne rien laisser mûrir, on traverse ses années en visiteur, jamais en habitant.
Résolutions possibles de l'objection

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