Voir l'axe · Orientation temporelle

Argument

Le seul temps qui soit nôtre

De tout le temps, seul le présent nous appartient ; le reste n'existe que dans notre tête.

Soutient

Sénèque, Épicure · De la brièveté de la vie ; Lettre à Ménécée

  1. Regardez bien : le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore. Le premier ne vit qu'en mémoire, le second qu'en attente, et ni l'un ni l'autre n'ont d'autre lieu que notre esprit. Seul le présent a une réalité ; c'est le seul temps où nous puissions agir, sentir, vivre.
  2. Or c'est presque toujours ailleurs que nous logeons notre vie : dans le regret de ce qui fut, dans l'inquiétude de ce qui vient. Nous remettons sans cesse de vivre à un plus tard qui, devenu présent, sera lui aussi dépensé à préparer le suivant.
  3. Revenir au présent, ce n'est donc pas l'insouciance, c'est cesser de se rendre absent au seul temps qui soit réel. le disait déjà : la vie est bien assez longue pour qui sait l'habiter, et le sage seul vit pleinement, parce qu'il possède son présent au lieu de le dépenser à courir après l'avenir. C'est là qu'est une paix stable, l', qui ne tient qu'à nous.

Donc Donc la sagesse est de ramener sa vie là où elle a lieu : non de mépriser demain, mais de cesser de lui sacrifier le seul jour que nous ayons jamais, aujourd'hui.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait
Approfondissements
Et s'il n'y avait pas de « moi » qui dure ?
  1. Pourquoi accorder tant de poids au passé et à l'avenir ? Parce que nous supposons un même « moi » qui les traverse. en doutait : peut-être ne sommes-nous qu'une succession d'états, un de perceptions sans noyau permanent.
  2. Si rien d'un « je » stable ne relie vraiment l'enfant d'hier au vieillard de demain, alors se troubler pour ce moi qui n'est déjà plus, c'est se troubler pour un fantôme ; il ne reste, bien réel, que l'instant qui se vit.

À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?

Pas du tout
Tout à fait