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Rapport au monde· Philosophie de la religion

Le mal réfute Dieu

Axe: Le problème du malLe mal est-il compatible avec un Dieu bon et tout-puissant ?

L'existence d'un mal massif et gratuit est incompatible avec un Dieu à la fois bon, tout-puissant et omniscient : ou il ne peut l'empêcher, ou il ne le veut pas. Le mal est le meilleur argument contre Dieu.

Qui défend cette position

Courants 1

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Épicurismeinférable

Les dieux, parfaitement heureux, ne se mêlent pas du monde : il n'y a pas de providence. Le dilemme transmis sous le nom d'Épicure conclut que le mal du monde est incompatible avec un dieu à la fois bon et tout-puissant.

Épicure, Lettre à Ménécée ; Lactance, De la colère de Dieu, 13

Philosophes 4

Humeexplicite

Dans les Dialogues sur la religion naturelle, Philon reprend les vieilles questions d'Épicure : devant la masse des souffrances du monde, la bonté et la toute-puissance divines ne se laissent pas inférer de la nature. Le mal est l'écueil de la théologie naturelle.

Dialogues sur la religion naturelle, X-XI

Schopenhauerexplicite

Retournement de : ce monde n'est pas le meilleur mais le pire des mondes possibles, car un monde tant soit peu plus mauvais ne pourrait plus subsister. Le mal n'est pas un défaut d'être à excuser mais la teneur positive de l'existence, preuve dirimante contre tout créateur bon ; toute théodicée est dès lors une indécence.

Le Monde comme volonté et comme représentation, t. II, chap. 46, « De la vanité et des souffrances de la vie »

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Épicureinférable

Le dilemme dit épicurien, transmis par Lactance, conclut qu'un Dieu à la fois bon et tout-puissant est incompatible avec l'existence du mal : ou il veut l'empêcher sans le pouvoir, ou il le peut sans le vouloir. Chez Épicure, les dieux bienheureux ne se mêlent pas du monde.

Lactance, De la colère de Dieu, 13 (dilemme attribué) ; Lettre à Ménécée

Lucrèceinférable

Lucrèce ne raisonne pas sur un Dieu bon et tout-puissant, mais retourne l'argument du dessein : si le monde avait été fait pour nous par des dieux, il ne serait pas si gravement vicié. Or la plus grande part du globe est dévorée par les montagnes, les forêts et les mers, le climat afflige les hommes, la terre se refuse au labeur, les bêtes féroces et les maladies les frappent, et le nouveau-né est jeté nu, vagissant, sur le rivage de la vie. Tant de défauts prouvent que la nature n'est l'œuvre d'aucune providence : c'est moins une théodicée qu'une de l'absence de dessein divin.

De la nature des choses, V, 195-234 (le monde si défectueux ne peut être l'œuvre des dieux)

Problèmes
  • Descriptif Question
    L'énigme d'Épicure

    Dieu peut-il empêcher le mal sans le vouloir, ou le veut-il sans le pouvoir ? Une des trois choses, sa puissance, sa bonté, ou la réalité du mal, doit céder : laquelle ?

    le mal et les attributs de Dieu
  • Descriptif
    Le mal sans coupable

    Le libre arbitre excuse le mal que font les hommes ; mais le séisme, la maladie, la douleur des bêtes ne sont la faute de personne : que reste-t-il alors pour disculper le créateur ?

    une catastrophe naturelle
  • Descriptif
    Le mal de trop

    Même sans contradiction stricte, la masse de souffrances apparemment inutiles, un faon agonisant seul dans un feu de forêt, ne rend-elle pas hautement improbable un Dieu bon qui veillerait sur tout ?

    la masse des souffrances
  • Descriptif
    Et si Dieu ne pouvait pas tout ?

    On peut sauver la bonté de Dieu en lui ôtant la toute-puissance : un Dieu qui se retire et se limite, ou face auquel le mal serait un principe rival qu'il ne crée pas.

    la nature de Dieu
  • Descriptif
    Le silence de Dieu

    À côté du mal, une autre absence accuse : celle d'un Dieu qui, s'il existait et nous aimait, ne se laisserait pas chercher en vain.

    Dieu et ceux qui le cherchent