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Rapport à soi· Corps et viemilieu nommé

Tempérance

Axe: Plaisirs corporelsFaut-il se méfier des plaisirs du corps ou les célébrer ?

Ni renoncement ni débordement : jouir des plaisirs du corps, mais avec mesure. La tempérance n'est pas l'ennemie du plaisir, elle en est la juste conduite : goûter ce qui est bon au bon moment, sans s'y asservir. Le plaisir est un bien tant que la raison en garde le gouvernement.

Qui défend cette position

Courants 1

Aristotélismeexplicite

L'aristotélisme refuse aussi bien l'ascétisme que l'intempérance : le plaisir n'est pas le bien, mais il parachève l'activité comme la beauté parachève la jeunesse. Les plaisirs corporels sont légitimes lorsqu'ils restent dans le que fixe la tempérance, d'où une position très modérée, à peine du côté de l'acceptation.

Aristote, Éthique à Nicomaque, X, 4-5 · Aristote, Éthique à Nicomaque, III, 10-11

Philosophes 4

Aristoteexplicite

Le plaisir n'est ni le bien ni un mal : il parachève l'activité comme la fleur de l'âge couronne la jeunesse. La vertu de tempérance est le entre l'intempérance et l'insensibilité, ce dernier défaut étant lui aussi un vice, d'où une position à peine au-delà de l'équilibre, du côté d'une célébration mesurée.

Éthique à Nicomaque, X, 4 (1174b) ; III, 11

Afficher les positions inférées (3)
Socrateinférable

Indifférent au luxe, allant pieds nus et vêtu du même manteau en toute saison, Socrate ne condamne pas pour autant le plaisir : il festoie au et peut boire toute la nuit sans ivresse. Sa sobriété n'est pas l'ascétisme qui tient le corps pour un ennemi, mais une tempérance qui use de tout sans en être l'esclave.

Platon, Banquet, 220a et 223c-d · Xénophon, Mémorables, I, 3, 5-15

Thomas d'Aquininférable

Contre le mépris du corps de certaines traditions, Thomas tient les plaisirs corporels pour bons en eux-mêmes, voulus par Dieu et nécessaires à la vie : le plaisir parachève l'opération naturelle. Mais la vertu de tempérance les soumet à la raison et à la fin dernière, sans les condamner ni les exalter. D'où une position d'équilibre, à égale distance de l'ascétisme et de la célébration, fidèle au .

Somme théologique, Ia-IIae, q. 34 (la bonté des plaisirs)

Zhuangziinférable

Zhuangzi ne mortifie pas le corps comme une prison de l'âme, ni n'érige le plaisir en fin : il le tient pour un moment du flux à accueillir avec aisance, sans avidité ni dégoût. « Nourrir le principe vital » n'est ni l'ascèse ni la débauche mais le soin de ne pas user sa vie en l'épuisant de désirs ou de craintes. La position est proprement médiane, une tempérance enjouée qui suit le naturel du corps sans en faire ni un ennemi ni une idole.

Zhuangzi, ch. 3 (Principe vital)