La liberté
Ce thème traverse plusieurs grandes questions. Voici celles où il se joue.
Les questions qui l'éclairent
Face au monde, faut-il se concentrer sur ce qui dépend de nous ou chercher à étendre notre maîtrise ?
Le seul lieu de notre pouvoir est-il au-dedans, dans nos jugements et nos désirs, le cours du monde nous échappant entièrement, ou pouvons-nous saisir cet ordre et le refaire à notre main ? Se positionner, c'est dire jusqu'où va notre prise réelle sur les choses, et si la liberté se gagne en nous ou sur le monde.
Avons-nous une nature qui nous précède, ou devenons-nous ce que nous choisissons d'être ?
Si une nature nous précède, il y a une manière de nous accomplir ou de nous trahir, mais notre liberté a des bornes ; si nous nous inventons, tout devient possible, mais rien ne nous guide ni ne nous excuse. Se positionner, c'est dire ce que nous devons à ce qui nous est donné, et ce dont nous sommes seuls responsables.
Sommes-nous réellement libres de nos choix, ou sont-ils déterminés ?
Nous délibérons comme si l'avenir restait ouvert, mais nos choix ont des causes. Si tout était déterminé d'avance, que resterait-il du mérite, de la faute, de la responsabilité ? C'est tout notre rapport à nous-mêmes et à autrui qui est en jeu.
Qu'est-ce qu'être politiquement libre ?
Être libre, est-ce n'être pas entravé, se gouverner soi-même, ou ne dépendre du bon vouloir de personne ? Selon la réponse, ce qu'une société doit garantir, et ce dont elle doit nous protéger, change du tout au tout.
Faut-il attribuer des torts ou des mérites ?
Féliciter un enfant, en vouloir à un ami, être fier d'une réussite, s'en vouloir d'une faute : nous passons nos journées à attribuer des torts et des mérites. Mais ce que chacun est, talents comme penchants, s'est largement fait sans lui, et l'on peut admirer une compétence en sachant que son acquisition n'a rien dû à la volonté. Savoir si nos actes sont déterminés est une question voisine, qui a son propre axe ; ici se décide une attitude : prendre le mérite et la faute au sérieux, les garder comme des outils, ou s'en déprendre. Se positionner, c'est dire ce que nous nous devons les uns aux autres en fait d'éloge, de reproche et de pardon, et ce que deviendraient nos liens si l'on cessait de tenir des comptes.