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Rapport au monde· Travail et technique

Nécessité, le loisir comme fin

Axe: Sens du travailLe travail nous accomplit-il, nous aliène-t-il, ou n'est-il qu'une nécessité ?

Le travail répond aux besoins de la vie, mais il n'est pas la fin de l'existence : c'est , l'action ou la contemplation, qui donne son sens à la vie humaine. Nous travaillons pour pouvoir ne pas travailler.

Qui défend cette position

Philosophes 5

Russellexplicite

L'argument est arithmétique avant d'être moral : la technique moderne a beaucoup réduit le travail nécessaire à la subsistance de tous, et ce gain a été employé non à libérer du temps mais à produire davantage, en entretenant le chômage d'une partie pendant que l'autre s'épuise. propose de le convertir en heures, quatre par jour suffiraient selon lui, et défend le loisir comme la condition de tout ce qui a jamais été fait de bon : la science, l'art, l'affection, la conversation. Ce qu'il attaque est une morale, le devoir de travailler, qu'il analyse comme un legs des sociétés où le loisir d'une minorité reposait sur le travail forcé de la majorité.

Éloge de l'oisiveté (1932) · Proposed Roads to Freedom (1918)

Afficher les positions inférées (4)
Aristoteinférable

Le travail manuel et mercenaire est banausique : nécessaire à la vie mais avilissant pour l'âme, il occupe l'esclave et l'artisan afin de libérer le citoyen pour le loisir (scholè), la politique et la contemplation. Le travail relève de la nécessité, non de l'accomplissement.

Politique, I, 5-7 ; VIII, 2

Platoninférable

La cité naît de ce que nul n'est autosuffisant : la division du travail répond à la nécessité de pourvoir aux besoins, chacun produisant le mieux ce pour quoi sa nature le destine. Le travail artisanal vaut comme fonction au service du tout plus que comme accomplissement de soi, l'épanouissement le plus haut restant réservé à la vie contemplative du philosophe.

République, II, 369b-371e · République, IV, 421e-423d

Diogène de Sinopeinférable

Le seul labeur qui vaille, pour Diogène, est l'effort sur soi (ponos), l'entraînement à la vertu ; le travail rémunéré, l'amassage de richesses et la course aux occupations utiles relèvent de la servitude conventionnelle qui enchaîne aux besoins factices. Mendiant assumé, il tient l'oisiveté studieuse du sage pour la fin, et l'activité affairée pour un moyen au mieux toléré : on ne travaille que pour pouvoir cesser de dépendre. La valeur n'est pas dans la production mais dans la liberté conquise en s'en passant.

Diogène Laërce, Vies, VI, 49 et 56

Thomas d'Aquininférable

Le travail relève d'abord de la nécessité de pourvoir à la vie, mais Thomas, héritier de la règle monastique, lui reconnaît une dignité que l'Antiquité grecque lui refusait : il discipline le corps, écarte l'oisiveté et permet l'aumône. Il reste pourtant ordonné à une fin plus haute, le loisir contemplatif (otium) où l'esprit se tourne vers Dieu, qui demeure supérieur à la vie active. D'où un poids partagé entre la nécessité et une forme d'accomplissement.

Somme théologique, IIa-IIae, q. 187, a. 3 ; q. 182 (vie active et contemplative)

Fondements et implications
↑ Ce qui la fondeNécessité, le loisir comme fin — Sens du travail!Nécessité, le loisircomme finSens du travail
Prescriptif
Corps-instrument — Être ou avoir un corps=Corps-instrumentÊtre ou avoir un corps
Descriptif
Dualisme des substances — L'énigme de la conscience=Dualisme dessubstancesL'énigme de la conscience
Descriptif
Dualisme — Nature du réel=DualismeNature du réel
Descriptif
Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.

Ce qui la fonde

Être ou avoir un corps

Si le véritable accomplissement de l'homme est dans la vie de l'esprit, ce qui relève du corps et du besoin lui reste subordonné. La conception du corps comme simple instrument soutient le travail comme nécessité : c'est le loisir, libéré du labeur et ouvert à la contemplation, qui donne son sens à l'existence, comme chez Aristote.

Ce qu'elle implique

Une feuille, une application qui ne fonde rien d'autre ici.