Rapport aux autres· Pouvoir et justice
Réhabilitation
Axe: Sens de la peine — Pourquoi punir : pour réparer la faute, dissuader ou réinsérer ?
La finalité de la peine est de transformer le coupable et de préparer son retour dans la société. Plutôt que de faire souffrir, il s'agit de comprendre les causes du crime et de réinsérer la personne comme membre à part entière de la communauté.
Philosophes 4
Sénèqueexplicite
Dans le De clementia adressé à Néron, et dans le , Sénèque refuse la vengeance : on punit non parce qu'on a péché mais pour qu'on ne pèche plus, en regardant l'avenir, non le passé. Le châtiment vise la correction du coupable et la dissuasion d'autrui, jamais la satisfaction d'une colère rétributive.
De la colère, I, 16 et 19 (punir pour corriger, non pour se venger) · De la clémence, I (la clémence du prince)
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Socrateinférable
Si la faute est ignorance, le coupable est moins un méchant qu'un malade de l'âme, et le châtiment doit le guérir, non lui rendre le mal pour le mal. Subir une juste peine est même un bien, puisqu'elle délivre l'âme de l'injustice qui la gâte ; punir pour se venger ne corrige rien. La sanction vaut comme soin et redressement, ce qui range Socrate du côté d'une justice réhabilitatrice.
Platon, Gorgias, 476a-481b (le châtiment qui guérit l'âme)
Marc Aurèleinférable
Devant celui qui faute, le premier geste de Marc Aurèle est de l'instruire et de lui montrer son erreur, car il agit par ignorance du bien ; à défaut, le supporter. La peine, s'il l'envisage, vise donc la correction de l'égaré bien plus que le châtiment de sa faute, dans l'esprit de la réhabilitation.
Pensées pour moi-même, IX, 42 · Pensées pour moi-même, V, 28 · Pensées pour moi-même, XI, 18
Confuciusinférable
Confucius préfère prévenir la faute en formant le sens moral plutôt que la punir : gouverner par les châtiments donne un peuple qui les évite sans honte, gouverner par la vertu et les li 禮 (les rites) lui donne le sens de l'honneur et le corrige de l'intérieur. La fin visée est l'amendement moral, non la rétribution ni la seule dissuasion : tuer pour gouverner, à quoi bon ?. La sanction, quand elle s'impose, doit restaurer l'harmonie et réintégrer le fautif dans la communauté plutôt que l'en retrancher.
Entretiens, II, 3 (les châtiments donnent un peuple sans honte ; la vertu le corrige) · Entretiens, XII, 19 (à quoi bon tuer pour gouverner ?)
- PrescriptifMoraleSoigner ou punir
Traiter le crime comme une maladie à guérir paraît plus humain que faire souffrir ; mais refaçonner quelqu'un « pour son bien », sans limite ni son accord, le respecte-t-il moins qu'une peine méritée ?
le coupable - PrescriptifPolitique et droitLa peine de mort
Tuer le criminel est-il la seule peine à la mesure des pires crimes (Kant), ou un châtiment qui ne dissuade pas plus qu'un autre, ferme tout retour possible et abaisse la société qui l'inflige (Beccaria, Camus) ?
la peine capitale - PrescriptifPolitique et droitFaut-il des prisons ?
L'enfermement amende-t-il vraiment le coupable, ou tout l'appareil pénal ne fait-il guère que produire et gérer la délinquance, au service d'un ordre et d'un pouvoir ?
l'appareil pénal