Rapport au monde· Nature et vivant
Principe responsabilité
Axe: Générations futures — Avons-nous des devoirs envers les générations futures ?
Notre puissance d'agir s'étend désormais aux conditions de vie des générations à venir : nous avons le devoir d'agir de façon que les effets de nos actions soient compatibles avec . L'avenir lointain entre dans le champ de la morale.
Philosophes 4
Jonasexplicite
L'éthique traditionnelle, observe , était une éthique du prochain et du présent : ses impératifs valaient entre contemporains, pour des actes aux effets proches. La technique moderne change la nature de l'agir : ses effets sont cumulatifs, irréversibles et planétaires. D'où un nouvel impératif, qui reformule celui de en exigeant que nos actes restent compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre. Les générations futures ne peuvent aujourd'hui faire valoir leurs intérêts ni entrer dans une relation de réciprocité ; la responsabilité repose donc sur la vulnérabilité de ce qui dépend de nous, sur le modèle de celle des parents envers le nouveau-né. Le pôle reprend presque mot pour mot sa formule.
Le Principe responsabilité, ch. I-II · Le Principe responsabilité, ch. IV (le nourrisson, archétype de la responsabilité)
Russellexplicite
La menace nucléaire fait apparaître pour Russell une obligation qui n'avait jamais eu d'objet : ce qui est en jeu n'est plus l'intérêt d'un camp mais l'existence de l'espèce, et devant une telle mise il n'y a plus de calcul politique recevable. Il en tire une règle d'argumentation qu'il applique jusqu'à sa mort : dans un débat sur les armes atomiques, il faut d'abord obtenir de l'adversaire qu'il se pense comme membre de l'espèce et non comme partisan. On y reconnaît, par anticipation, une responsabilité envers ce qui n'existe pas encore, que systématisera plus de vingt ans plus tard en principe, sans que Russell en ait donné la théorie.
Manifeste Russell-Einstein (1955) · « Le péril où se trouve l'homme » (1954) · Common Sense and Nuclear Warfare (1959)
Afficher les positions inférées (2)
Baconinférable
Bacon conçoit son entreprise comme un legs : il sème pour des moissons qu'il ne verra pas, fonde un savoir dont les bénéfices reviendront aux âges futurs et travaille pour la postérité plus que pour son temps. Cette orientation vers ceux qui viendront n'est pourtant pas le principe de préservation d'un , qui veut protéger les générations futures de notre puissance : c'est l'inverse, l'espoir de leur transmettre cette puissance accrue comme un bienfait.
Novum Organum, préface de la Grande Restauration
Marxinférable
Le sens de l'action présente est tout entier l'émancipation des générations futures : le sacrifice révolutionnaire d'aujourd'hui se justifie par la société libérée de demain. Marx critique même l'attitude qui traiterait la terre comme une propriété : nulle société n'en est propriétaire, les hommes n'en sont que les usufruitiers et doivent la léguer améliorée aux générations suivantes, ce qui penche vers une responsabilité envers l'avenir.
Le Capital, livre III, ch. 46 (les hommes ne sont que les usufruitiers de la terre, à léguer améliorée)
Personnages 1
Afficher les positions inférées (1)
Theo Faronextrapolée
Theo agit pour une personne présente plus que pour les générations à venir, dont il ne parle jamais.
La barque et le <i>Tomorrow</i>
L'heuristique de la peur : imaginer le pire durable avant de déciderExerciceInspirée de Hans Jonas
Quand l'enjeu est irréversible, écouter le pronostic de malheur avant celui de salut.
Pour , nous savons plus tôt ce que nous ne voulons pas que ce que nous voulons : se représenter la menace nous apprend ce qui mérite d'être préservé. Son vise d'abord les choix collectifs face à la technique ; cet exercice en tire une discipline pour les décisions personnelles dont les effets durent, en accordant un poids particulier à ce qui serait irréversible.
Mettre cette pratique en œuvre
Le déroulé pas à pas, avec ses variantes selon votre position, est réservé au compte Premium : toutes les pratiques, à vie.
Découvrir le compte PremiumVous avez déjà un compte Premium ? Connectez-vous pour le retrouver.
- PrescriptifMorale Expérience de penséeLe monde d'après
Nos choix appauvrissent le monde lointain, mais décident aussi qui y naîtra : ces gens n'existeraient pas sous une autre politique. Peut-on leur nuire, si aucun d'eux n'est plus mal loti qu'il ne l'aurait été, faute d'avoir jamais existé autrement ?
les gens du futur - DescriptifUn droit sans sujet ?
Un droit semble exiger un titulaire qui existe ; les êtres futurs n'existent pas encore, ne réclament rien, ne peuvent rien pour nous. Peut-il y avoir une obligation sans réciprocité, sans personne pour la porter, ou notre devoir envers eux repose-t-il sur tout autre chose qu'un droit ?
un être encore à naître - PrescriptifMoraleFaire naître, ou ne pas nuire ?
Avons-nous le devoir de faire naître des gens à venir, ou seulement, s'ils doivent exister, de ne pas leur nuire ? Rien ne semble nous obliger à créer des êtres heureux, tandis que créer des êtres misérables serait un tort ; et vouloir maximiser le bonheur total conduit à préférer une multitude de vies à peine bonnes à une petite humanité épanouie.
la population à venir - PrescriptifPolitique et droitUn bien lointain vaut-il moins ?
Un bien ou un mal fait à des gens du futur doit-il compter pour moins du seul fait de sa distance dans le temps, comme le fait le calcul économique qui escompte l'avenir, ou cette préférence pour le présent est-elle une faute morale, un simple manque d'imagination ? Un très faible taux annuel suffit à rendre une catastrophe lointaine presque sans poids aujourd'hui.
un bénéfice futur - PrescriptifPolitique et droitLe partage entre les âges
Admettons qu'on doive quelque chose au futur : quel est le juste partage des ressources et des charges entre les générations, combien chaque âge doit-il épargner, et qui paie le coût d'éviter un mal lointain, comme le fardeau climatique ?
les ressources entre générations