Rapport aux autres· Société et histoire
Communautarisme-patriotisme
Axe: Appartenance — Où va d'abord notre appartenance : à notre communauté, ou à l'humanité tout entière ?
Nous ne sommes pas des individus abstraits : notre identité et nos attachements naissent des communautés concrètes qui nous ont formés, famille, nation, culture. La loyauté envers les siens n'est pas un préjugé, mais une vertu et la source réelle de la solidarité.
Courants 2
Le romantismeexplicite
On n'est pas homme en général mais d'abord d'une langue, d'un sol et d'un peuple, et c'est cet enracinement, non l'abstraction cosmopolite des , qui donne à une vie sa profondeur. réveille le génie propre de chaque nation dans ses chants, ses contes et sa langue ; de là naîtra, pour le meilleur et pour le pire, l'idée moderne de nation comme communauté de destin.
Herder, Voix des peuples dans leurs chants · Herder, Idées sur la philosophie de l'histoire de l'humanité
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Confucianismeinférable
L'identité morale du sujet confucéen est tissée par ses appartenances : la famille, le lignage, la communauté locale et l'État ordonné par les rites (li 禮). On ne devient pleinement homme qu'au sein de ces relations (les cinq relations cardinales), et non comme individu abstrait ou citoyen indifférencié du monde.
Mencius (Mengzi), III A 4 · Confucius, Entretiens (Lunyu), XII, 11
Philosophes 3
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Confuciusinférable
L'individu n'existe que pris dans un tissu de relations particulières : famille, lignage, communauté, État, ordonnés par les li 禮 (les rites). La xiao (piété filiale) et la loyauté envers les siens priment sur toute appartenance abstraite à l'humanité, ce qui ancre Confucius du côté du .
Entretiens, I, 2 (l'ordre familial, fondement de l'ordre social) · Entretiens, XII, 11 (que le père soit père, le fils fils)
Lucrèceinférable
La poursuite des honneurs et du pouvoir, qui jette les hommes les uns contre les autres, est rangée parmi les désirs vains nés de la peur de la mort : mieux vaut obéir et se tenir tranquille que vouloir régir les choses par le commandement et tenir des royaumes. Comme l'épicurisme dont il est le héraut, Lucrèce détourne de l'ambition civique et de la vie publique pour la sécurité du retrait, ce qui incline du côté d'une communauté restreinte plutôt que d'un cosmopolitisme actif.
De la nature des choses, V, 1120-1135 (mieux vaut obéir tranquille que régner)
Épicureinférable
La devise vis caché (lathe biôsas) détourne le sage de la vie publique : la cité, ses honneurs et ses ambitions sont sources de trouble, et la sécurité véritable se trouve dans le retrait et l'amitié, non dans l'engagement civique. Cette préférence pour une communauté élective restreinte, le Jardin, plutôt que pour un cosmopolitisme actif, incline légèrement vers le communautarisme.
Sentences vaticanes, 58 (se libérer de la prison des affaires publiques) · Maximes capitales, XIV (la sécurité par la retraite loin de la foule)
Personnages 1
Ulysseexplicite
Toute l'Odyssée est tendue par un seul désir, le , le retour : Ulysse traverse le monde connu, refuse les îles où l'on pourrait s'établir heureux et oublieux, pour ne regagner qu'Ithaque, sa terre rocailleuse. Retenu par la nymphe , il passe ses jours sur le rivage à pleurer vers la mer et sa maison. Le lit conjugal qu'il a taillé lui-même dans un olivier vivant, enraciné dans le sol, dit assez que pour lui l'identité et le bonheur tiennent à un enracinement, non à l'ailleurs.
Odyssée, V, 151-158 (les pleurs vers la mer sur l'île de Calypso) · Odyssée, XXIII, 183-204 (le lit taillé dans l'olivier enraciné)