L'inconscient
Ce thème traverse plusieurs grandes questions. Voici celles où il se joue.
Les questions qui l'éclairent
Faut-il examiner sa vie intérieure ou se réaliser d'abord dans l'action ?
Se tourner vers le dedans éclaire qui l'on est, mais peut tourner à la rumination loin du monde ; se jeter dans l'action accomplit beaucoup, mais risque d'esquiver la question de qui agit et pour quoi. Se positionner, c'est dire où le moi se trouve vraiment : dans le retour sur soi, ou dans ce qu'on fait.
Les émotions sont-elles un obstacle à la pensée ou une source de connaissance ?
Faut-il se défier de ce qu'on ressent, trouble qui brouille le jugement, y entendre une perception fine de ce qui compte, ou apprendre à l'éduquer ? Se positionner, c'est dire quel crédit accorder à nos émotions quand elles contredisent la raison froide, et si la sagesse est de les taire, de les suivre ou de les former.
Qu'est-ce qui fait que je reste moi-même à travers le temps ?
Qu'est-ce qui fait de moi la même personne que l'enfant des vieilles photos, ou que celui que je serai dans trente ans ? Si rien de stable ne subsiste, la promesse, le remords, la fierté d'un moi passé perdent leur appui ; si un noyau demeure, aucun changement ne me refait vraiment. Se positionner, c'est dire ce qu'on retient au juste quand on dit « moi ».
Faut-il attribuer des torts ou des mérites ?
Féliciter un enfant, en vouloir à un ami, être fier d'une réussite, s'en vouloir d'une faute : nous passons nos journées à attribuer des torts et des mérites. Mais ce que chacun est, talents comme penchants, s'est largement fait sans lui, et l'on peut admirer une compétence en sachant que son acquisition n'a rien dû à la volonté. Savoir si nos actes sont déterminés est une question voisine, qui a son propre axe ; ici se décide une attitude : prendre le mérite et la faute au sérieux, les garder comme des outils, ou s'en déprendre. Se positionner, c'est dire ce que nous nous devons les uns aux autres en fait d'éloge, de reproche et de pardon, et ce que deviendraient nos liens si l'on cessait de tenir des comptes.