L'intelligence artificielle
Ce thème traverse plusieurs grandes questions. Voici celles où il se joue.
Les questions qui l'éclairent
Le progrès technique améliore-t-il la condition humaine ?
Chaque outil nouveau nous libère d'anciennes peines, mais crée des dépendances et des pouvoirs qu'on maîtrise mal ; la technique sert-elle nos fins, ou transforme-t-elle silencieusement nos désirs et jusqu'à ce que nous sommes ? Se positionner, c'est dire si le progrès technique est une promesse à saisir ou une emprise à surveiller.
Devons-nous utiliser la technique pour améliorer la nature humaine au-delà du soin ?
Soigner répare ce qui défaille, mais faut-il aller plus loin, et se rendre plus fort, plus intelligent, presque immortel ? Refuser, c'est peut-être accepter des limites et des souffrances qu'on pourrait lever ; accepter, c'est risquer de dissoudre ce qui nous fait humains et de creuser un fossé entre humains augmentés et humains ordinaires. Se positionner, c'est dire ce qui, en nous, doit rester intouchable.
Une science du cerveau peut-elle expliquer entièrement l'expérience vécue ?
La douleur, le rouge que je vois, le goût du café : les sciences cognitives décrivent de mieux en mieux les mécanismes cérébraux qui les accompagnent, mais expliquent-elles ce que cela fait de les vivre ? Se positionner, c'est dire si le vécu est un mécanisme comme les autres, une illusion de l'introspection, ou le signe que l'esprit excède ce que les neurosciences pourront jamais saisir.
Une machine pourrait-elle un jour véritablement penser ?
Si penser n'est qu'une affaire d'organisation, une machine pourrait penser pour de bon, et nous lui devrions peut-être quelque chose. Si exécuter un programme ne suffit pas, nos machines ne font qu'imiter, sans qu'il soit exclu qu'un artefact d'un autre genre y parvienne un jour. Et si la pensée est indissociable de la vie, la plus brillante des machines restera une chose. Se positionner, c'est dire ce qui fait un esprit.