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Éros-manque
Axe: Nature de l'amour — Qu'est-ce qui est au fond de l'amour : un manque, un don, ou autre chose ?
Aimer, c'est désirer ce qui nous manque : la beauté, le bien, la complétude que nous n'avons pas. L'amour est élan vers ce qui pourrait nous accomplir, et ce manque même est le moteur qui élève l'âme.
Courants 2
Platonismeexplicite
L'éros platonicien est désir né d'un manque : enfant de Poros et de Penia, il cherche à posséder ce qui lui fait défaut, le beau et le bien. De la beauté des corps, l'amant s'élève par degrés jusqu'à la , selon l'échelle du Banquet.
Platon, Banquet, 201d-212c, discours de Diotime · Platon, Phèdre, 244a-257b
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Le romantismeinférable
L'amour romantique est tout entier aspiration et manque : il désire dans l'aimé l'infini lui-même, et c'est de cette distance jamais comblée qu'il tire son intensité. Loin de la possession tranquille, il est élan vers un absolu entrevu, nostalgie d'une union qui se dérobe, et c'est pourquoi il confine si volontiers à la nuit et à l'inaccessible.
Novalis, Hymnes à la nuit · Hölderlin, Hypérion
Philosophes 3
Platonexplicite
Dans le , Diotime définit l'éros comme désir né du manque : enfant de Pénia (la Pauvreté) et de Poros (l'Expédient), l'amour désire ce qu'il n'a pas et tend à le posséder. Cet élan ascensionnel s'élève des beaux corps jusqu'à la Beauté en soi, ce qui donne un poids résiduel au don.
Banquet, 199c-204c · Phèdre, 244a-257b
Plotinexplicite
Plotin prolonge l' du de : l'amour est cet élan né du manque qui porte l'âme du beau sensible vers le Beau intelligible, et de là vers l', source de toute beauté. C'est un amour ascensionnel, désir de s'unir à ce dont on procède. Une note de don affleure pourtant, car l'Un, lui, ne manque de rien et déborde par pure surabondance, ce qui inverse le manque au sommet.
Ennéades, III, 5 (De l'amour) · Ennéades, VI, 7, 31-34
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Descartesinférable
Dans , l'amour est une passion, une émotion de l'âme causée par les esprits du corps, qui incline la volonté à se joindre aux objets qui paraissent lui convenir. Descartes y distingue deux amours : l'amour de concupiscence, qui désire pour soi ce dont on manque, et l'amour de bienveillance, qui veut le bien de l'aimé. À la passion reçue s'ajoute la , disposition ferme à bien user de son libre arbitre, à estimer autrui et à s'unir à lui, qui règle et ennoblit l'amour au lieu de le subir.
Les passions de l'âme, art. 79-83 (l'amour) ; art. 153-156 (la générosité)