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Inconditionnalisme

Axe: PardonLe pardon doit-il être inconditionnel, ou dépend-il du repentir du coupable ?

Le pardon véritable ne pardonne que l'impardonnable : s'il exige des excuses, une réparation ou un repentir, il n'est plus qu'un échange. Le pardon authentique est un don gratuit, sans condition, qui excède .

Qui défend cette position

Philosophes 4

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Sénèqueinférable

La clémence, vertu maîtresse du prince, dispose à la douceur dans la fixation des peines et à l'indulgence envers la faute d'autrui, par grandeur d'âme plutôt que par mérite du coupable. Cette inclination à excuser et à comprendre les errements humains penche vers une remise inconditionnelle, fondée sur la magnanimité du .

De la clémence, II, 3-7 (la clémence, inclination de l'âme à la douceur) · De la colère, II, 28-34 (être indulgent, car nous faillissons tous)

Descartesinférable

De la découle une disposition à excuser plutôt qu'à mépriser : ceux qui sont généreux, écrit Descartes, ne sauraient avoir de mépris pour personne, et étant portés à excuser les fautes d'autrui, ils croient que celui qui les commet le fait plutôt par manque de connaissance que par manque de bonne volonté. Faut-il subordonner le pardon au repentir du coupable ? Cette indulgence de principe, antérieure à toute réparation, penche vers une clémence proche de l'inconditionnel.

Les passions de l'âme, art. 154 et 187

Marc Aurèleinférable

Qui fait le mal l'ignore : on ne saurait lui en vouloir comme à un coupable libre, mais l'instruire, ou le supporter et passer outre. Cette inclination à excuser, fondée sur la faute involontaire, penche vers une remise généreuse, sans aller jusqu'à une doctrine du pardon inconditionnel.

Pensées pour moi-même, II, 1 · Pensées pour moi-même, IX, 42 · Pensées pour moi-même, XI, 18

Michel de Montaigneinférable

Ce qui révulse le plus Montaigne, c'est la cruauté, « l'extrême de tous les vices ». De cette horreur naît une clémence : la vengeance et le châtiment féroce le rebutent, et il loue la douceur, la magnanimité qui désarme l'ennemi plutôt que de l'écraser. Sans théoriser un pardon inconditionnel, sa pente le porte à excuser plutôt qu'à punir, à comprendre la faiblesse humaine commune plutôt qu'à exiger réparation.

Essais, II, 11, « De la cruauté » et I, 1, « Par divers moyens on arrive à pareille fin »

Problèmes
  • PrescriptifMorale
    La personne et l'acte

    Pardonner, est-ce distinguer le coupable de sa faute pour l'accueillir par-delà ce qu'il a commis, ou est-ce excuser l'acte lui-même et trahir ceux qui en ont souffert ?

    le coupable