Rapport à soi· Corps et viemilieu nommé
Union de l'âme et du corps
Axe: Être ou avoir un corps — Suis-je mon corps, ou ai-je un corps ?
Je ne suis ni un esprit qui pilote un corps-machine, ni un pur organisme. Âme et corps forment une union si étroite que je ne fais qu'un avec lui : je suis mon corps autant que je l'ai. C'est par lui que j'éprouve, j'agis et j'habite le monde.
Courants 1
Aristotélismeexplicite
Si l'âme était une substance séparée logée dans le corps, comme chez , on ne comprendrait plus l'unité évidente du vivant, ni pourquoi cette âme-ci anime ce corps-ci. L' résout la difficulté : toute substance est un composé de matière et de forme, et l'âme est précisément la forme, l'acte, du corps organisé, comme la vision est l'acte de l'œil. Demander si l'âme et le corps sont un, conclut Aristote, est aussi vain que de le demander de la cire et de son empreinte : l'homme n'est ni un esprit emprisonné ni une simple machine, mais une seule réalité animée.
Aristote, De l'âme, II
Philosophes 2
Spinozaexplicite
L'esprit est l'idée du corps : il n'y a ni âme logée dans une machine ni pur corps, mais une seule réalité exprimée sous deux attributs. Spinoza incarne l'unité psychophysique, à égale distance du corps-instrument et du corps-sujet.
Éthique, II, prop. 13
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Thomas d'Aquininférable
De l'union substantielle de l'âme et du corps découle un refus du corps-instrument : le corps n'est pas une prison ni un outil dont l'âme se servirait, il entre dans la définition même de l'homme, qui ne pense qu'à partir des sens et de l'image (phantasme). Sans aller jusqu'au corps-sujet de la phénoménologie, Thomas occupe la position médiane d'une union étroite où l'âme a besoin du corps pour exercer ses opérations propres.
Somme théologique, Ia, q. 76, a. 1 ; q. 84, a. 7