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Rapport au monde· Nature et vivant

Devenir et flux

Axe: L'être et le devenirLe réel est-il, au fond, ce qui demeure ou ce qui devient ?

On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve : le réel est processus, écoulement, création continue, et la stabilité n'est qu'un rythme lent ou une vue de l'esprit. Les choses ne sont pas des substances qui durent mais des événements qui se font ; saisir le monde, c'est épouser son mouvement au lieu de le figer en concepts.

Qui défend cette position

Courants 1

Bouddhismeexplicite

L'impermanence (anicca) est la première des trois marques de l'existence : tout phénomène conditionné naît, se transforme et cesse, sans qu'aucune substance ne subsiste sous le flux, ni dans les choses ni en nous (anattā, le non-soi). Tenir les choses pour stables est précisément l'illusion qui engendre l'attachement et la souffrance ; la sagesse consiste à voir le surgir et le cesser.

Dhammapada, 277-279 (les trois marques) · Samyutta Nikāya, 56, 11

Philosophes 1

Hegelexplicite

Rien de fixe n'est premier : l'être pur, entièrement indéterminé, est indiscernable du néant, et leur vérité est le devenir. Toute détermination naît d'une négation, et toute figure porte en elle la contradiction qui la pousse au-delà d'elle-même, pour être (aufgehoben) dans une figure plus riche. Contre l'être immobile de , la vérité est procès. La triade « thèse, antithèse, synthèse » n'est d'ailleurs pas de lui.

Science de la logique, Doctrine de l'être (l'être, le néant, le devenir) · Encyclopédie des sciences philosophiques, §§86-88