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Rapport aux autres· Société et histoire

Construction sociale

Axe: Identité socialeLes catégories comme le genre, la race ou la classe sont-elles naturelles, construites, ou des réalités sociales objectives ?

Ces catégories ne sont pas des donnés de nature mais des produits contingents de l'histoire, de la culture et des rapports de pouvoir, institués par des normes et des discours qui les font passer pour naturels. Ce qui a été construit peut être déconstruit : on ne naît pas femme, on le devient.

Qui défend cette position

Courants 1

Existentialismeexplicite

Appliquée aux identités sociales, la thèse de l'existence sans essence dément qu'elles soient des données naturelles : c'est qui en tire la formule décisive, « on ne naît pas femme, on le devient », faisant du genre une situation historiquement construite et non une nature. Le Juif, pour , n'a pas davantage d'essence : c'est le regard d'autrui qui le fixe, et reprendre cette identité comme un projet assumé, plutôt que la subir ou la fuir, relève de la liberté, non de l'essence.

Sartre, Réflexions sur la question juive ; Beauvoir, Le Deuxième Sexe

Philosophes 3

Beauvoirexplicite

Si aucun destin biologique, psychique ou économique ne fixe d'avance ce qu'est une femme, alors la féminité ne peut être une essence : elle est le résultat d'une élaboration que la civilisation impose à la femelle humaine. Beauvoir dissocie ici le sexe, donnée corporelle, et le devenir-femme façonné par l'éducation, le droit et le regard d'autrui, fondant la distinction que reprendront les théories du genre. La conséquence est politique : ce qui s'est construit dans l'histoire peut s'y défaire, contre tout naturalisme qui justifierait la hiérarchie des sexes par la nature.

Le Deuxième Sexe (1949), t. II, ouverture

Sartreexplicite

L'existence précède l'essence : aucune nature ne fixe d'avance ce que l'on est. Le Juif, montre Sartre, est en partie fait par la situation et le regard de l'antisémite. Les identités sociales sont construites, non données.

Réflexions sur la question juive ; L'existentialisme est un humanisme

Afficher les positions inférées (1)
Michel de Montaigneinférable

Ce que nous prenons pour notre identité, nos goûts, nos croyances, nos jugements moraux, est très largement le dépôt de la du lieu et du temps où nous sommes nés : « nous n'avons d'autre mire de la vérité que l'exemple et idée des opinions et usances du pays où nous sommes ». L'éducation et le pli des habitudes nous font tels, au point qu'on prend pour loi de nature ce qui n'est qu'usage local. Cette lucidité sur la fabrication sociale de nos évidences le range du côté de la construction, sans qu'il en fasse une théorie systématique.

Essais, I, 23, « De la coutume » et II, 12

Fondements et implications
↑ Ce qui la fondeConstruction sociale — Identité sociale=Construction socialeIdentité sociale
Descriptif
Culturalisme — Nature et culture=CulturalismeNature et culture
Descriptif
Constructivisme — Statut du savoir=ConstructivismeStatut du savoir
Descriptif
+
↓ Ce qu'elle implique

Ce qui la fonde

Nature et culture

Si ce que nous prenons pour la nature humaine varie d'une société à l'autre, alors les catégories qui nous classent, le genre au premier chef, sont des produits de l'histoire et non des donnés de nature. Le culturalisme fonde le constructionnisme social : Beauvoir résume que « on ne naît pas femme, on le devient ».

Ce qu'elle implique

Statut du savoir

Si les catégories par lesquelles nous pensons sont des produits contingents de l'histoire et des rapports de pouvoir, le savoir lui-même n'échappe pas à cette emprise. Le constructionnisme social fonde le constructivisme du savoir : Foucault montre que chaque époque détermine, par ses discours et ses institutions, ce qui peut y être tenu pour vrai.