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ArgumentConjectures et réfutations
La science ne prouve jamais rien définitivement, et n'épuise pas non plus le réel : sa force n'est pas la certitude, mais de s'exposer au démenti et de se corriger.
Soutient Rationalisme critique
Popper · · 1934
- Aucune observation, si nombreuse, ne prouve une loi universelle : mille cygnes blancs n'établissent pas que tous le soient. La science ne procède donc pas en accumulant des preuves.
- Mais une seule contre-observation peut réfuter une loi : ce qui fait la valeur d'une théorie, c'est qu'elle interdit des choses observables, qu'elle prend le risque d'avoir tort. Est scientifique ce qui est réfutable.
- Cette faillibilité ne fait pourtant pas de la science un discours parmi d'autres : contre le scientisme, qui la tient pour seule habilitée à produire un savoir légitime dans tous les domaines, le rationalisme critique reconnaît qu'elle n'a pas réponse à tout. Mais, pour les domaines de réalité qui se prêtent à l'expérience objective, le savoir scientifique demeure le plus légitime et le plus à même de se rapprocher de la vérité. Le sens, les valeurs et le vécu peuvent relever d'autres formes de discours, telles que l'art, l'éthique ou la métaphysique, dont les prétentions doivent elles aussi pouvoir être examinées et critiquées.
Donc Donc la science n'est ni seule habilitée à tout dire, comme le veut le scientisme, ni un savoir parmi d'autres également valides, comme le veut le pluralisme : elle demeure le modèle de la connaissance rigoureuse, qui reconnaît ses limites sans céder son titre à ce qui ne s'expose pas au démenti.
À quel point ce raisonnement vous convainc-t-il ?
Pas du tout
Tout à fait
Mise à l'épreuve