Rapport au monde· Esthétique
Mimésis
Axe: Nature de l'art — L'art imite-t-il le réel ou crée-t-il quelque chose de radicalement nouveau ?
L'art est essentiellement imitation : il représente la nature, les actions humaines, le monde tel qu'il est ou tel qu'il pourrait être. Sa valeur tient à la justesse et à la profondeur de cette représentation.
Courants 2
Platonismeexplicite
Pour le platonisme, l'art est mimésis (imitation, copie d'une copie du réel) : le peintre copie l'objet sensible, lui-même copie de la Forme, si bien que l'œuvre se trouve à trois degrés de la vérité, éloignée deux fois du réel. C'est pourquoi Platon se défie des poètes et les soumet à la censure dans la cité juste.
Platon, République, livre X, 595a-602c, l'art comme imitation · Platon, République, livre III, 386a-398b
Aristotélismeexplicite
La conçoit l'art comme mimésis, imitation de l'action humaine : la tragédie représente des hommes en acte. Cette imitation n'est pas copie servile, car le poète figure ce qui pourrait arriver selon le vraisemblable et le nécessaire, mais elle reste représentation du réel plutôt que création ex nihilo, d'où une position du côté de la mimésis.
Aristote, Poétique, ch. 1-4 et 9
Philosophes 2
Platonexplicite
L'art est mimèsis, imitation : le peintre et le poète copient les choses sensibles, qui sont elles-mêmes des copies des Idées, produisant ainsi une image au troisième degré, éloignée du vrai. Cette définition de l'art comme reproduction, et non création, fonde la critique des poètes et leur bannissement de la cité.
République, X, 595a-602c · Sophiste, 235d-236c
Aristoteexplicite
Pour Aristote, les arts sont des modes d'imitation (mimēsis) : la tragédie, l'épopée et la peinture représentent des hommes en action. L'imitation est naturelle à l'homme et source de plaisir et d'apprentissage, ce qui ancre fermement la conception de l'art comme mimèsis.
Poétique, 1-4 (1447a-1448b)