Voir l'axe · Vision de l'homme

ObjectionAttaque le raisonnement

La statue de Glaucus

Ce que le pessimiste prend pour la nature de l'homme est une œuvre du temps et de la société : comme la statue marine de Glaucus, l'âme humaine est si défigurée qu'on ne la reconnaît plus.

Objecte à

Rousseau · · 1755

  1. Le pessimiste lit la nature humaine dans l'homme tel qu'il est sous nos yeux : rivalités, calculs, avidité. Il en conclut que tel est notre fond.
  2. Mais l'homme des sociétés n'est plus l'homme originel : à la statue de Glaucus, ce dieu marin, le temps et les tempêtes avaient tant rongé les traits qu'elle ressemblait moins à un dieu qu'à une bête féroce. Ainsi l'âme humaine, altérée par la vie sociale et les passions qu'elle fait naître, a changé au point d'être presque méconnaissable.
  3. Décrire cette figure défigurée et la nommer « nature », c'est prendre l'effet pour l'origine : les traits que le pessimiste impute à l'homme en soi sont l'empreinte de son histoire.

Donc Donc le pessimiste raisonne sur une image abîmée : il faut, sous les couches déposées par la société, retrouver l'homme de la nature avant d'en juger le fond, faute de quoi l'on tient la maladie pour la santé.

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