Le temps
Ce thème traverse plusieurs grandes questions. Voici celles où il se joue.
Les questions qui l'éclairent
Vers quelle dimension du temps faut-il orienter sa vie : le présent, l'avenir ou le passé ?
Vivre pour l'instant savoure la vie mais peut perdre le cap ; vivre pour l'avenir construit et prépare, mais sacrifie parfois aujourd'hui à un demain qui ne vient pas ; vivre depuis le passé honore ses racines, mais peut y enfermer. Se positionner, c'est dire où poser le poids d'une vie.
Avons-nous des devoirs envers les générations futures ?
Peut-on devoir quelque chose à des êtres qui n'existent pas encore, ne réclament rien, et que nos choix feront naître tels ou tels ? Leur faire une place peut peser lourd sur les vivants ; les ignorer, c'est hypothéquer un monde que nous ne verrons pas. Se positionner, c'est dire jusqu'où notre responsabilité s'étend dans le temps.
Le réel est-il, au fond, ce qui demeure ou ce qui devient ?
Tout ce que nous voyons naît, change et périt ; et pourtant nous cherchons partout ce qui demeure : des lois stables, des choses identiques, un moi qui reste le même. Le fond du réel est-il un être immuable dont le changement n'est que la surface, ou un flux dont les choses stables ne sont que des ralentissements provisoires ? De la réponse dépend jusqu'à la manière de comprendre le monde : par des formes fixes ou par des processus.
Face à ce qui est arrivé et ne peut être changé, faut-il l'aimer ou se révolter ?
Accepter, voire aimer ce qui fut, apaise et réconcilie, mais peut ressembler à un consentement à l'inacceptable ; se révolter garde vivant le sentiment que cela n'aurait pas dû être, mais peut nous river à une blessure qui ne guérit pas. Se positionner, c'est dire comment vivre avec l'irréversible.
L'histoire humaine suit-elle une direction, ou n'est-elle que contingence ?
Si l'histoire va quelque part, nos combats s'additionnent et le progrès est réel ; si elle n'est qu'enchaînement de hasards, rien ne garantit que demain vaille mieux qu'hier, et tout acquis peut se perdre. Se positionner, c'est dire si l'espoir politique s'appuie sur le cours des choses ou sur nous seuls.