Axe: Le beau — La beauté est-elle dans les choses elles-mêmes ou dans le regard de celui qui les contemple ?
La beauté est une propriété réelle des choses, fondée sur l'harmonie, la proportion ou la perfection de la forme. Certaines œuvres sont belles en elles-mêmes, que nous sachions ou non les apprécier.
Le platonisme tient une beauté objective : la est une réalité en soi, éternelle et identique, dont les beautés sensibles ne sont que de pâles participations. Le beau ne dépend pas du goût du spectateur mais d'une essence que la raison peut contempler.
Platon, Banquet, 210a-211d, l'échelle du beau · Platon, Hippias majeur
La beauté n'est ni une affaire de goût ni un attribut des choses : il existe une Forme du Beau, éternelle, absolue, qui ne naît ni ne périt, et à laquelle les belles choses participent. C'est l'objectivisme esthétique à son point le plus pur, terme de l'ascension amoureuse du .
Banquet, 210e-211b · Hippias majeur, 287c-289d
Fondements et implications
↑ Ce qui la fonde↓ Ce qu'elle implique
↑ Ce qui la fonde
Les universaux
Si les propriétés générales existent réellement, la beauté est l'une d'elles : une perfection de la forme inscrite dans les choses, que nous découvrons plus que nous n'inventons. Le réalisme des universaux fonde le beau objectif : pour Platon, les belles choses ne le sont que par participation à la Beauté en soi, une Idée que le sensible reflète.
↓ Ce qu'elle implique
Finalité de l'art
Si la beauté est une réalité liée à l'ordre et à l'essence des choses, alors la grande œuvre est celle qui donne à voir cette vérité, par-delà l'agrément. Le beau objectif fonde l'idée d'un art de vérité : pour Schopenhauer, l'art suspend le vouloir et dévoile l'essence du monde que le concept ne peut atteindre.
Hiérarchie des goûts
Si certaines choses sont belles en elles-mêmes, alors tous les jugements de goût ne se valent pas : il en est de plus justes, et l'éducation du regard permet de mieux percevoir ce qui est réellement beau. Le beau objectif soutient une hiérarchie des goûts, où l'œil exercé du connaisseur a autorité sur le caprice.