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Rapport au monde· Esthétique

Beau subjectif

Axe: Le beauLa beauté est-elle dans les choses elles-mêmes ou dans le regard de celui qui les contemple ?

La beauté n'existe pas dans les choses mais dans l'esprit qui les contemple : dire qu'un objet est beau, c'est exprimer le plaisir qu'il nous procure. Les goûts varient selon les individus et les cultures, sans qu'aucun ne soit le vrai.

Qui défend cette position

Courants 1

Afficher les positions inférées (1)
Le romantismeinférable

Le beau n'obéit plus à des proportions objectives ni aux canons hérités de l'Antiquité : il naît de l'expression d'une intériorité et se mesure à l'émotion qu'il suscite. Surtout, le romantisme déplace le centre de l'esthétique vers le , cette grandeur de l'illimité, de l'informe et de l'effrayant, qui excède la mesure et ouvre sur l'infini.

Burke, Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau · Schiller, Du sublime

Philosophes 1

Humeexplicite

La beauté n'est pas une qualité des choses mais existe dans l'esprit qui les contemple : elle se ramène à un sentiment de plaisir, comme la valeur morale. Hume n'en conclut pas à un pur arbitraire : un standard du goût se dégage du verdict des critiques expérimentés et délicats, ce qui tempère le subjectivisme sans le renverser.

Essais, « De la norme du goût »

Fondements et implications
↑ Ce qui la fondeBeau subjectif — Le beau=Beau subjectifLe beau
Descriptif
Empirisme — Source de la connaissance=EmpirismeSource de la connaissance
Descriptif
Plaisir — Finalité de l'art!PlaisirFinalité de l'art
Prescriptif
Égalitarisme du goût — Hiérarchie des goûts=Égalitarisme du goûtHiérarchie des goûts
Descriptif
↓ Ce qu'elle implique

Ce qui la fonde

Source de la connaissance

Si toute connaissance vient de l'expérience sensible, la beauté n'est pas une propriété des choses mais le plaisir qu'elles éveillent en nous. L'empirisme fonde le beau subjectif : Hume tient que la beauté n'est pas une qualité des choses mêmes, mais un sentiment dans l'esprit qui les contemple.

Ce qu'elle implique

Finalité de l'art

Si le beau n'est rien d'autre que le plaisir qu'une forme procure, alors l'art n'a d'autre fin que ce plaisir même, sans avoir à servir le vrai ni une cause. Le beau subjectif fonde l'art pour l'art : l'œuvre se suffit à elle-même, et la soumettre à une fin extérieure reviendrait à la rabaisser.

Hiérarchie des goûts

Si la beauté n'est qu'un sentiment qui varie selon les individus et les cultures, alors aucun goût n'est plus vrai qu'un autre. Le beau subjectif soutient l'égalité des goûts : des goûts et des couleurs on ne discute pas, et nul n'a qualité pour imposer les siens comme la norme.

Pratiques
Se tenir devant plus grand que soi : l'épreuve du sublimeHabitudeInspirée de Le romantisme

Devant l'immense, le souci rapetisse et l'âme respire.

Les romantiques cherchaient la haute montagne, la mer, l'orage ou le ciel nocturne pour éprouver le : ce mélange de vertige et d'exaltation devant ce qui nous dépasse. S'exposer volontairement à plus vaste que soi déloge un instant le moi de ses soucis et rouvre le sens de l'infini, que la vie affairée recouvre. Un contrepoint salutaire à un monde où tout est à notre échelle et sous contrôle.

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