Le destin
Ce thème traverse plusieurs grandes questions. Voici celles où il se joue.
Les questions qui l'éclairent
Face au monde, faut-il se concentrer sur ce qui dépend de nous ou chercher à étendre notre maîtrise ?
Le seul lieu de notre pouvoir est-il au-dedans, dans nos jugements et nos désirs, le cours du monde nous échappant entièrement, ou pouvons-nous saisir cet ordre et le refaire à notre main ? Se positionner, c'est dire jusqu'où va notre prise réelle sur les choses, et si la liberté se gagne en nous ou sur le monde.
Sommes-nous réellement libres de nos choix, ou sont-ils déterminés ?
Nous délibérons comme si l'avenir restait ouvert, mais nos choix ont des causes. Si tout était déterminé d'avance, que resterait-il du mérite, de la faute, de la responsabilité ? C'est tout notre rapport à nous-mêmes et à autrui qui est en jeu.
L'histoire humaine suit-elle une direction, ou n'est-elle que contingence ?
Si l'histoire va quelque part, nos combats s'additionnent et le progrès est réel ; si elle n'est qu'enchaînement de hasards, rien ne garantit que demain vaille mieux qu'hier, et tout acquis peut se perdre. Se positionner, c'est dire si l'espoir politique s'appuie sur le cours des choses ou sur nous seuls.
Le monde est-il fondamentalement bon ou marqué par le tragique ?
La même existence peut se lire comme un don digne de confiance ou comme une lutte sans réconciliation finale, et cette teinte de fond colore d'avance nos joies comme nos malheurs. Se positionner, c'est dire si l'espérance est lucidité ou aveuglement.