Le corps
Ce thème traverse plusieurs grandes questions. Voici celles où il se joue.
Les questions qui l'éclairent
Que faire de nos désirs : les affirmer, les trier ou s'en détacher ?
Le désir est à la fois ce qui nous met en mouvement et ce qui nous tourmente : l'éteindre éteint la vie, le suivre sans frein interdit la paix. Se positionner, c'est dire où finit l'élan qui nous fait vivre et où commence la servitude qui nous épuise.
Devons-nous utiliser la technique pour améliorer la nature humaine au-delà du soin ?
Soigner répare ce qui défaille, mais faut-il aller plus loin, et se rendre plus fort, plus intelligent, presque immortel ? Refuser, c'est peut-être accepter des limites et des souffrances qu'on pourrait lever ; accepter, c'est risquer de dissoudre ce qui nous fait humains et de creuser un fossé entre humains augmentés et humains ordinaires. Se positionner, c'est dire ce qui, en nous, doit rester intouchable.
Faut-il se méfier des plaisirs du corps ou les célébrer ?
Céder au plaisir du corps, est-ce s'accomplir, ou se laisser dominer par ce qu'on ne maîtrise pas ? Se positionner, c'est dire si le corps est un allié de la vie bonne ou une force à tenir en bride.
Suis-je mon corps, ou ai-je un corps ?
Tenir le corps pour un instrument, c'est pouvoir s'en distancier, le réparer, le quitter en pensée ; s'y identifier, c'est que rien de moi ne subsiste quand il souffre ou s'épuise. Notre rapport à la maladie, au plaisir, au vieillissement et à notre propre animalité se décide ici.