Le problème de Molyneux
Molyneux · rapporté dans l'Essai de Locke · 1688
Imaginez un homme aveugle de naissance, qui a appris à reconnaître au toucher un cube et une sphère : les mains posées dessus, il sait dire lequel est lequel. Un jour, par une opération, il recouvre la vue. On place devant lui, sans qu'il puisse les toucher, le cube et la sphère. Pourra-t-il, du seul regard, dire lequel est le cube et lequel la sphère ?
Reconnaîtra-t-il les formes du seul regard, ou tout est-il à apprendre des sens ?
Ce qu'elle fait dans le débat
Objecte à Rationalismeattaque la position
Si les idées de figure étaient innées, l'aveugle-né devenu voyant les reconnaîtrait d'emblée à l'œil ; qu'il doive les réapprendre par un sens neuf plaide contre l'innéisme, cœur du rationalisme.
- Si la raison portait en elle des idées innées, la géométrie serait en nous avant toute expérience sensible, indépendante du sens par lequel on l'apprend.
- Or un aveugle-né qui a appris au toucher à distinguer un cube d'une sphère, et qui recouvre soudain la vue, saurait-il les reconnaître à l'œil, sans les toucher ? Molyneux et Locke répondent : non, il devra d'abord apprendre à voir.
- Si les idées de figure étaient un fonds inné que la raison déploie, il les reconnaîtrait d'emblée par n'importe quel sens ; qu'il doive les réapprendre montre qu'elles se forgent dans l'expérience, sens par sens.
Donc Donc les idées ne sont pas un trésor inné que la raison déploie, mais un acquis de l'expérience : le cas de Molyneux plaide contre l'innéisme, et donc contre le rationalisme.