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Expérience de pensée

Le rocher de Sisyphe

Albert Camus · Le Mythe de Sisyphe · 1942

Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne, d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé, non sans raison, qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir. Chaque jour, le même effort ; chaque soir, la pierre en bas. Imaginez cette vie d'un labeur qui ne mène à rien et ne s'achève jamais : où loger un sens, si tant est qu'il y en ait un ?

Devant cette vie d'effort sans terme ni résultat, où trouver un sens, ou faut-il renoncer à en chercher un ?

Ce qu'elle fait dans le débat

Soutient Absurdisme

Sisyphe roule éternellement son rocher, sans espoir ni illusion ; et pourtant, dit Camus, « il faut l'imaginer heureux » : la valeur d'une vie tient à la lucidité de qui l'assume, non à un sens qui la dépasse.

L'argument qu'elle porte
  1. Sisyphe est condamné à rouler éternellement un rocher au sommet, d'où il retombe aussitôt : effort sans terme ni résultat, image de nos vies quand aucun sens ne vient les couronner.
  2. Il n'a ni espoir d'en finir ni illusion sur sa tâche ; et pourtant, dit , il peut la regarder en face sans amertume : « la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme ».
  3. Ni espérance d'un sens caché, ni fuite dans le renoncement : reconnaître l'absurde de sa peine et la faire sienne, c'est reprendre son destin à son compte, dans la conscience et la .

Donc Donc on peut vivre pleinement sans sens donné : « il faut imaginer Sisyphe heureux », car la valeur d'une vie tient à la lucidité de qui l'assume, non à un sens qui la dépasserait.

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