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Expérience de pensée

Pardonner au nom des morts ?

Simon Wiesenthal · Les Fleurs de soleil · 1969

Prisonnier d'un camp, Simon Wiesenthal est mené au chevet d'un jeune SS mourant. L'homme lui avoue un crime atroce commis contre des familles juives, puis le supplie : il veut, avant de mourir, le pardon d'un Juif, n'importe lequel. Wiesenthal l'écoute longuement, se lève, et sort sans un mot. Des années durant, il se demandera s'il a eu tort. Car même s'il l'avait voulu, le pouvait-il ? Les victimes, elles, sont mortes, et l'on ne pardonne, semble-t-il, que l'offense qu'on a soi-même subie. Mais alors les crimes sans survivant resteraient à jamais sans pardon possible.

À sa place, auriez-vous pu pardonner ? Et d'abord : en aviez-vous le droit, ou le pardon n'appartient-il qu'à celui qui a été blessé ?

Où vous situez-vous face à la question de l'expérience ?

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