Voir l'axe · Rapport à la technique

Objection

Le progrès des moyens

La technique multiplie nos moyens, mais un surcroît de moyens n'est pas par lui-même une vie meilleure.

Objecte à

  1. Accordons à l'optimiste son point de départ : nos moyens d'agir, de produire, de communiquer ont grandi comme jamais. Mais il en conclut aussitôt que notre condition s'est améliorée, et c'est ce pas qu'il faut examiner.
  2. Car un moyen ne vaut que par la fin qu'il sert : disposer de plus d'outils ne rend la vie meilleure que si ces outils servent ce qui la rend bonne. Multiplier les moyens sans interroger les fins, c'est gagner en puissance, non nécessairement en bonheur ni en liberté.
  3. Or la même puissance qui écarte d'anciens maux en fait naître de nouveaux : elle crée des besoins qu'on ignorait, des dépendances, des formes inédites de fatigue et de solitude. Le bilan n'est donc pas le simple ajout que l'optimiste suppose, et rien ne garantit qu'il penche du bon côté pour la vie elle-même.

Donc Donc de la croissance de nos moyens, on ne peut pas conclure le progrès de notre condition : c'est passer de la puissance à la vie bonne par un saut que rien n'assure.

Approfondissements
Le soupçon de Rousseau
  1. Dès le XVIIIᵉ siècle, soutenait, dans son premier discours, que le progrès des sciences et des arts avait poli les manières sans rendre les hommes meilleurs ni plus heureux : la première illustration éclatante de l'écart entre l'avancée des moyens et celle de la condition.
Résolutions possibles de l'objection

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